BARA de Madagascar

Photos & Vidéos de BARA

dimanche 28 avril 2013

Géopolitique : Ibara - Madagasikara - Afrika...

Partager sans diviser - Territoire
Quand on regarde le journal télévisé sur une des chaînes de France Télévisions ou Arte, la mappemonde est focalisée sur l'Europe. Lorsque je m'informe sur la chaîne japonaise NHK, les îles nippones deviennent le centre du monde. Il y a, au moins, deux vérités alors ! 

Si la géographie est née du grec ancien (geographia) ce mot est bien le fruit de l'union de (hê gê) la terre et de (graphein) signifiant décrire. Quant à la politique, c'est son sens évoquant la civilité (politikos) qui nous intéresse pour l'instant, puisqu'il sous entend une organisation sociale, plus ou moins harmonieuse.

Ainsi, la géopolitique définit toutes les rivalités de pouvoirs sur plusieurs territoires, au détriment des populations qui y vivent. Et c'est dans le cadre de ces rapports de forces au XIX ème siècle que Madagascar a été rattaché à l'Afrique.

Pourquoi l'Île Maurice et les Seychelles en font partie, alors que La Réunion et Les Maldives sont exclues ?

Plusieurs critères méritent d'être observés pour se situer dans l'espace et le temps :
  • Le malagasy est plutôt rattachée au groupe linguistique Austronésienne - Malayo-polynésiennes - Grand Barito - Est.
  • Les cases traditionnelles malgaches sont rectangulaires, qu'elles soient faites de fibres végétales ou de terre, et même les cases en bois antandroy ou zafimaniry !
  • Les rites funéraires présentent des similitudes avec ceux de leurs cousins indonésiens.
  • L'aliment de base, le riz, rappelle l'Asie à travers le paysage de la Grande Île.
Depuis la décolonisation, Madagascar semble vivre dans un monde flottant. Volontairement, je n'ai pas utilisé le terme "indépendance" parce qu'aucun pays au monde ne l'est :
  • Que feront les malgaches de toute la quantité de vanilles qu'ils produisent ? Essayez d'agrémenter votre sosoa matinal (porridge local) avec cette source de devises si c'est convainquant... (voir l'article sur les richesses & la pauvreté malgache)
  •  Que feront les français de toute la quantité de parfums et autres produits de luxe s'ils ne l'exportent pas...
  • Que fera le Qatar de tout son stock de gaz... 
Madagascar est dans un état perpétuel de transition :
  • La révolution socialiste a promis un paradis socialiste, pendant la guerre froide. C'était chose faite pour la nomenklatura proche du pouvoir, qui s'est enrichie au détriment de la classe moyenne qui a vite plongé, gonflant ainsi les rangs des pauvres.
  • La période post révolutionnaire était marquée par l'égarement dans le libéralisme de la mondialisation, tout en obéissant aveuglément au FMI et à la Banque Mondiale. Quand on voit les résultats en Argentine, en Grèce et en Espagne, il ne faut guère espérer un quelconque miracle.
A ce propos, pendant toutes ces périodes d'errance - où le sport national était "de mener en parallèle deux gouvernements (l'un qui se dit LEGITIME et l'autre qui  se dit LEGAL") le conseil des Eglises (FFKM) intervient régulièrement... et au final toujours rien de sérieux ! A part de nouveaux enrichissement personnel...

Ensuite, pour se faire bonne conscience, on se ressasse que grâce au ciel, les malgaches sont non-violents. Malheureusement, le mythe de la sagesse du Fihavanana a déjà commencé à s'effondrer, preuve en est les multiples incidents depuis :
  • Iavoloha (la tête haute !) et les rizières minées de Ratsiraka...
  • L'épisode de dynamitage des ponts, suivi du recrutement des réservistes de Ravalomanana...
  • L'affaire Remenabila, symbole de l'absence de l'Etat dans les campagnes de Rajoelina...
  • Les enlèvements et les demandes de rançons dernièrement...
Au final, Madagascar est bien rentré dans la mondialisation (à l'instar de certains adolescents usagers de l'Internet et qui s'immergent complètement dans les sites malsains) au lieu de tirer profit des échanges à travers le monde...

Néanmoins, une touche d'espoir reste aux malgaches. Effectivement, le dévouement de discrets et honnêtes malgaches pour leur pays, malgré le peu de moyens alloués, donnera des résultats à long terme, à savoir : 
  • le SAMIFIN (Sampan-draharaha Malagasy Iadiana amin'ny Famotsiam-bola) ce service de renseignements financiers lutte contre le blanchiment d'argent à Madagascar...
  • le CSI (Comité pour la Sauvegarde de l'Intégrité) référentiel de l'étique...
  • le CENI-T (Commission Electorale Nationale Indépendante pour la Transition) pour le bon déroulement des élections, qui sont toujours reportées ! ... à qui profite le crime ?  
  • le  BIANCO contre la corruption...
A ce propos, il n'y a pas de corruption dans un grand pays comme la France, il y a juste des "rétro commissions" comme dans l'affaire Karachi... mieux vaut en rire comme l'écrivait Victor Hugo :
« L'éclat de rire est la dernière ressource de la rage et du désespoir »
(Faits et croyances)

L'Union Africaine refuse la réintégration de Madagascar

Quelle indépendance ?

"... Il n’y aura pas de réintégration de Madagascar sans retour de Marc Ravalomanana. Un retour de l’exilé en Afrique du Sud prévu par la feuille de route de sortie de crise, réclamé par la quasi totalité de la communauté internationale, mais toujours refusé par Andry Rajoelina.

L’homme fort de la transition qui reste du même coup frappé par les sanctions de l’UA. Il est depuis 2010, interdit de voyage, d’accréditation, ses avoirs sont gelés. Mais Andry Rajoelina est aussi rappelé à l’ordre.

L’organisation continentale exige sa neutralité et demande que l’indépendance et les décisions de la commission électorale soient respectées. Une allusion à la dernière polémique : le report des élections a été vivement critiqué par le président de la transition.

La demande de réintégration de Madagascar sera à nouveau étudiée en avril..."


La photo de ce mois
Il s'agit d'un certain BESA, roi des Bara 


d'après "no comment"
Un roi n'a toujours pas besoin de couronne pour se faire respecter...


La musique de ce mois
Au grè des probabilités de YouTube, nous avons pu découvrir le groupe Alaska - Akache.

écouter le titre "Akache"
Ce groupe s'inspire aussi de la fameuse RN7, pour chanter en français (et en Bara ?)





samedi 30 mars 2013

Pré & Post Electoral...

Pré & Post Électoral...  sociologie
L'image de ces trois hommes déambulant sur un marché de zébus nous invite à une réflexion : 
  • Le Grand-père Bara, tout en cherchant le zébu idéal, se demande si son fils et son petit-fils vivront encore cette passion de l'élevage d'aomby ?
  • Le Père Bara, tout en surveillant les moindres gestes de son propre père pour "apprendre", se pose la question s'il pourra élever selon sa tradition son jeune fils ?
  • Le Fils-Petit-fils Bara, fier d'accompagner ses hommes Bara, inconscient que la mondialisation débarque à grand pas dans l'Ibara, prend encore plaisir à découvrir tous ces troupeaux de zébus...


photo will go to  © 


Avant d'accuser la mondialisation, comme de juste, de tous les maux du monde, il faut aussi se remettre en question et prendre ses responsabilités.

Bientôt le peuple malgache sera amené à choisir un nouveau leader. Espérons que cela ne sera pas encore reporté, comme le passé nous l'a démontré. Effectivement, le pouvoir tananarivien MINORITAIRE est très habile :
  • en tour de passe-passe, au détriment des paysans MAJORITAIRES
  • en matière de procrastination. Cette manie de reporter à demain ce que l'on peut faire immédiatement... 
... trouvera, forcément, malheur en chemin !

Le gage de qualité d'une bonne élection présidentielle est la compréhension du projet de chaque candidat. Pour ce faire :

  • l'écoute des besoins de chacune des 22 régions de l'île est indispensable.
  • une PÉDAGOGIE mais pas une démagogie, afin que chaque électeur vote en connaissance de cause.
Par exemple, parmi les 330 et quelques partis politiques inscrits auprès du ministère de l'intérieur, 3 ont fait le déplacement dans la région Ihorombe. (s'il y en a d'autres, qu'il se manifeste et je me ferai un plaisir à les rajouter sur la liste)



lire l'article
C'est très bien de s'occuper des femmes dans cette société où le patriarcat régit la culture Bara.


Ce parti écologiste a aussi toute sa place pour suivre les dossiers mis en lumière par l'actualité. Effectivement, plusieurs nations sollicitent les terres agricoles (Chine, Inde...) L'affaire Daewoo a coûté cher à Ravalomanana...



Qu'en est-il exactement de Tozzi dans l'Ibara, où les paysans s(er)ont des ouvriers agricoles, donc dépendants du cours du mondial du jatropha à long terme ?

Gouverner, c'est prévoir.

Lire l'article
Pour les éleveurs que sont les Bara, comment garantir la sécurité de leur cheptel, alors que l'Etat a fait un réel désaveu, en reconnaissant son incapacité de capturer Remenabila par exemple ?

Lire l'article
Est-ce que les questions sanitaires des Bara, qui sont des malgaches à part entière ne relèvent que de la "bobologie" et laissées à quelques initiatives des associations non gouvernementales diverses ? Certes, ces ONG soulagent le mal des Bara dans l'immédiat, alors qu'il est du devoir du pouvoir public de garantir la santé de tous ses citoyens.

Voir aussi les articles sur le Pr. Andriantseheno :
Ces quelques exemples ne représentent que la pointe de l'iceberg, car les problèmes récurrents font la triste réputation de Madagascar.



Effectivement, l'Île Rouge porte bien son nom car elle occupe la quatrième place sur trente autres pays qui connaîtront un coup d'Etat en 2013, après la Guinée Bissau (1°) le Soudan (2°) et le Mali (3°)... 



A bon entendeur, salut !


  lire l'article de Courrier International crédit Jay Ulfender  ©
Ce triste constat étant fait, il est temps de voir les éventuelles solutions. Madagascar ne manque pas de têtes bien remplies, mais l'histoire nous montre que celles des leaders ne sont pas toujours bien faites. Pour départager cette multitude de candidats, voici quelques propositions :

  • Mandat unique
  • Pas d'immunité parlementaire ni présidentielle (finis les surpuissants impunis, et on saura qui aime vraiment son pays et véritablement prêt à prendre les risques)
  • Exemplarité des dirigeants (salaire raisonnable : voir le cas Uruguay ! ! ! et basta les fastes tananariviens)
  • Réduction du budget et restructuration de l'armée (Madagascar n'ayant pas de frontières, qui viendra nous faire du mal ? à part... NOUS-MÊMES ! ) (voir l'article Pas d'armée = Utopie ?)
Après seulement, les malgaches crieront à Mahamasina : HABEMUS PRESIDENT !

Musique du mois
Le hasard d'Internet a révélé le groupe bara BARINJAKA. La prestation énergique des quatre danseurs est surprenante.

Voir le clip



mardi 26 février 2013

Disparition de l'Ibara sous Haruna

Inondation - Ibara
L'article précédent a évoqué le rôle primordial de l'eau pour le sud malgache.

Le 22 février 2O13 toute la région de l'Ibara a momentanément disparu sous une trombe d'eau. Les éléments célestes se sont défoulés sur le pays des Bara.


lire l'article de RFI
Ce montage du blogger "Paesaggio" permet de mesurer l'impact du cyclone.


lire l'article de Paesaggio ©  
Les cases traditionnelles ne tarderont pas à s'effondrer tout simplement !


photo et article d'Action contre la faim ©  


La ville de Toliara est particulièrement touchée. J'espère que les malades enchaînés dans cette région ont eu le temps de quitter les lieux et de ne pas périr sous les eaux.


photo de Dennis Lam ©  
L'image du mois nous rappelle que l'excès momentané d'eau masque le problème récurent d'accès à l'eau potable dans l'Ibara.


Corvée d'eau Joyeuse corvée d'eau - Photo missionmadagascar ©  

vendredi 25 janvier 2013

Passé & Futur de l'Ibara

Bara & Musique du mois - Art
Depuis février 2012, beaucoup d'évènements se sont déroulés dans l'Ibara. En parallèle au site consacré la société bara, ce jeune blog a essayé de promouvoir leur culture. Le choix des artistes présentés est tout à fait fait aléatoire, dans le sens où la présentation dépend de l'outil mis à disposition par YouTube. J'espère que les autres artistes bara me pardonneront... 


Quand je rappelle aux visiteurs du blog que je ne connais pas les Bara, il faut comprendre que je n'ai jamais été chez eux. Je n'ai jamais eu le privilège de prendre la nationale 7 malgache. Pour autant, je m'intéresse à la culture bara pour des raisons déjà expliquées à la page du site qui leur est dédié. Le corpus du site et de ce blog est le fruit de recherches sur internet, dans les livres mais aussi grâce à la participation de tous (voir le livre d'ocre). Je réitère mes remerciements aux personnes qui ont sacrifié leur temps pour ce faire.

Pour ma part, quelques évènements méritent de figurés dans cette petite rétrospective avant de ce se projeter dans le futur de l'Ibara :
  • La tentative de mise en place du futur-ex-grand-ranch (Valabe) à Zazafotsy nous renvoie à la place primordiale du zébus dans leur culture.
  • L'implantation de la société Tozzi green à Satrokala pour la production de biocarburant mérite d'être suivi à court, moyen et long terme. Le dispensaire du centre Tozzi a déjà soulagé les souffrances de beaucoup de Bara. Faute d'efficacité du pouvoir publique, les ONG et entreprises privées assurent cette mission. Est-ce que cela ne favorise pas l'attentisme de l'Etat, pour ne plus s'investir dans cette mission ? Le seul reproche que je fais à Tozzi à ce sujet, c'est de ne pas respecter l'anonymat des malades quand Tozzi publie les photos médicales.


Photos Tozzi green success stories rectifiées par D.R
  • La triste affaire Remenabila confirme toutes les publications sur les Bara stipulant que la vacance de l'Etat se traduisait toujours par une recrudescence des vol de zébus et autres brigandages dans le sud malgache.
Extrait de publication
L'armée n'a toujours pas capturé cet énergumène, ce qui remet en question son efficacité, voire son utilité (lire l'article correspondant). Les débordements lors de l'opération "Tandroka" sont rapportés par les média (incendie des villages). 
  • Il a fallu l'intervention du grand guitariste bara D'GARY pour alerter la nation et enfin limiter les dégâts dans le sud.


  • Ingénieur hydraulicien et homme politique bara, Julien Reboza fut élu aux élections législative de 2003 et eu la responsabilité du ministère de l’Aménagement du Territoire. En 2007 il est élu député dans la circonscription d’Amboasary-Sud. Depuis le 17 octobre 2011, Julien Reboza a la responsabilité du ministère le plus important puisque la valeur de l'EAU est inestimable. Dans l'immédiat, les Bara sont les mieux placés pour évaluer l'efficacité de l'Etat sur la gestion de l'eau dans l'Ibara... Ils verront si ce personnage ne va pas trahir la confiance qu'ils lui ont fait.
J. Reboza -  Voir le site officiel  - V. Rasoamanantena
Rasoamanantena Voahirana est la directrice régionale du ministère de l'eau de l'Ihorombe.

Le regard de la jeune bara sur la photo du mois symbolise l'espoir de ce peuple vivant austèrement dans des conditions difficiles du sud malgache.

photo de Fotopedia Encyclopedia © 

Parents prenez garde avant de glisser le bulletin dans l'urne lors de la prochaine élection présidentielle malgache !

Vos enfants vous jugeront plus tard !



lundi 10 décembre 2012

TOZZI : Business ou et Philanthropie ?

Jatropha & Biocarburant - Satrokala
Un article a déjà traité ce sujet sur le site consacré aux Bara, à la page "Satrokala".

Voici un communiqué du Collectif pour la Défense des Terres Malgaches – TANY :


SOUTENONS les ELEVEURS et leur PATRIMOINE
 contre L'ACCAPAREMENT de VASTES SURFACES de TERRES
par la société TOZZI GREEN à MADAGASCAR

La société italienne Tozzi Green,une filiale du groupe italien Tozzi Renewable Energy, cultive essentiellement du jatropha, un agrocarburant, sur le plateau d'Ihorombe dans le Centre Sud de Madagascar et vise une surface de 100 000 ha. Cette société déclare qu'elle s'installe dans cette zone avec l'accord des populations : 
  • Quelles populations exactement ont été consultées et ont donné leur accord ? 
  • Les autorités locales ? 
  • Quelques notables des villages ?

Plaintes et revendications des populations locales :

Le 16 novembre dernier, dix représentants de neuf villages situés dans les communes de Satrokala, Andiolava, Ambatolahy et Ihosy, région d'Ihorombe sont venus à Antananarivo et ont tenu une conférence de presse pour manifester leur opposition à cette exploitation et pour « exprimer leur détresse ». Ils se sont déplacés pour faire connaître leurs plaintes car les droits des habitants ont été piétinés. « Nous n'avons plus aucune prise sur nos terres, des personnes étrangères à nos mœurs y imposent leurs lois. Elles ont étendu progressivement la surface de leurs cultures et utilisent aussi nos terres maintenant. Nous, petits paysans, sommes obligés de partir car ce sont des gens munis d'armes qui nous expulsent de nos terres. La perte de l'herbe où les zébus pouvaient brouter a entraîné le décès du bétail sur place. Ils ont détruit les tombes de nos ancêtres. Les lieux sacrés ont déjà tous été détruits par les tracteurs ». Ils sont complètement désemparés actuellement car ils sentent qu'ils ressemblent à des œufs qui affrontent des rochers dans cette situation, et font appel à l'Etat central […], la plupart des habitants partent en exode et deviennent quasiment des sinistrés. Face à la confiscation de leurs terres, les fokonolona (communautés de base) ont souligné que « les conséquences de l'accaparement de nos terres par Tozzi Green auront des conséquences graves ». Les populations ont faim et les coutumes des Bara sont bafouées. (1) Les réactions des medias à cette conférence de presse ont été diverses : certains n'en ont pas parlé, d'autres l'ont relaté sans citer le nom de la société incriminée, quelques-uns l'ont rapportée en accusant les représentants des villageois d'être des complices des dahalo (bandits, voleurs de zébus).

Par ailleurs, le 18 novembre, 350 habitants de 17 Fokontany de la commune d'Ambatolahy ont signé une pétition qu'ils ont adressée aux autorités locales et nationales pour leur demander d'intervenir afin d'empêcher l'extension des plantations et d'éviter les expulsions qu'ils risquent de subir dans les zones convoitées par Tozzi Green et par la société indienne Landmark.

Ces plaintes rejoignent les propos et revendications des habitants des villages de Satrokala, Andiolava, Soatambary et Ambatolahy dont le Collectif TANY a reçu des témoignages. Ils ont dit avoir hérité des terres de leurs arrière-grands-parents qui avaient cultivé là selon les coutumes ancestrales. Ces terrains ne sont pas titrés et bornés mais constituent des possessions familiales coutumières depuis plusieurs générations. Ces terres renferment aussi l'histoire de leurs ancêtres. Si l'Etat les leur prend de force, ils seront perdus, leurs descendants seront décimés car ces terres sont des zones de pâturages de leur bétail et les revenus provenant de l'élevage de zébus leur procurent leur nourriture et remplacent leur salaire. C'est grâce à cela qu'ils ont pu envoyer leurs enfants à l'école. Certains champs de cultures sont devenus inutilisables. Le labour des terres par les tracteurs a rendu impossible le passage des zébus à travers les champs. Le jatropha n'est comestible ni pour les zébus, ni pour les enfants ni pour les familles, disent-ils. Ils demandent donc à l'Etat d'avoir pitié d'eux et de les protéger.

Certains villageois ont accepté les demandes de la société, ont-ils ajouté, et ceux qui ont résisté ont reçu des menaces. On leur aurait promis différentes compensations dont ils n'ont pas vu l'effectivité. Ils parlent tous de la nécessité de défendre leurs droits, leurs terres, leur source de revenu traditionnelle, leur patrimoine culturel.

Les principales victimes sont les éleveurs de zébus des zones pastorales
En effet, une grande partie de la population du plateau d'Ihorombe est constituée par les éleveurs Bara et les grands espaces à perte de vue que certains citadins considèrent comme des zones inoccupées sont les zones de pâturage de leurs zébus. Certains pays respectent et gèrent parcimonieusement ces zones pastorales à travers une Charte ou un Code Rural mais les dirigeants et décideurs malgaches successifs les ont négligées. Que la société Tozzi Green et ses cadres méprisent la culture traditionnelle des populations, on pourrait ne pas s'en étonner, mais il est inconcevable que les autorités locales et centrales ne les protègent pas car des responsables de l'Etat malgache avaient ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (2). 

Actuellement, sur les 8 000 ha déjà accordés, 2 000 ha seraient exploités, « le projet enregistre 170 employés permanents et environ 2.000 mains-d'œuvre saisonnières dont plus de 50% sont originaires de la région Ihorombe » rapporte un journal (3) suite à la campagne de promotion de Tozzi Green. Les bénéfices en termes d'emploi sont minimes par rapport aux dégâts économiques, sociaux et culturels.

De nombreuses questions sur les transactions et les engagements :

La société Tozzi Green aurait loué le terrain des pépinières à des particuliers et contracté un bail emphytéotiques avec l'administration, la durée de ce bail citée dans les articles de presse est quelquefois de 25 ans, d'autres fois de 35 ans. Une transparence et une mise à disposition de tous les citoyens de toutes les clauses du bail s'avère nécessaire.

  • Sur combien d'hectares portent les contrats actuels ?
  • Comment sont formulées les procédures et les conditions d'extensions progressives de la mise à disposition des terres pour la société ?
  • Quels critères sont utilisés par le Comité de Pilotage (4) pour évaluer les réalisations et décider d'approuver une nouvelle extension ?
  • Que cache l'incongruité« 2 000 ha toujours en phase d'essai » ? (5) 
  • Les citoyens doivent être informés du contenu intégral des contrats : quelles autorités les ont signées, quelles compensations y sont prévues ?
  • Quel sort y est réservé aux populations qui vivent sur ces terres selon le droit coutumier ? ..…
  • Le plateau d'Ihorombe de 2 000 000 ha va-t-il être accordé en totalité ou en grande partie à Tozzi Green ou à d'autres sociétés d'agro-business ?
  • Quelles surfaces vont être prévues pour les paysans et leurs descendants pour le développement de leur agriculture familiale et de leur élevage extensif ?
Une information éclairée des communautés concernées et la prise en compte de leurs pratiques et des intérêts des populations par les divers responsables de l'Etat pour améliorer réellement le bien-être de la majorité des Malgaches nous semblent indispensables pour aboutir à un développement équitable et durable.

Ces questions intéressent au plus haut point non seulement les autorités centrales et locales, les notables et populations des différents villages concernés mais également l'ensemble des citoyens de toutes les régions de l'île. Ce qui arrive dans l'Ihorombe interpelle tous les citoyens car la surface concernée y est la plus importante connue dans le cadre de l'opacité qui règne sur les transactions foncières et l'accaparement de terres à Madagascar actuellement. Surveiller ce qui s'y passe et refuser tout ce qui est inacceptable pour ne pas créer de précédent devient un enjeu d'envergure nationale - voire internationale -, en plus de la défense des droits d'usage et de la culture des populations de la région. 

Une vigilance sur les produits du sous-sol très riche de cette zone s'impose également.

Les communautés d'éleveurs se mobilisent et sollicitent une meilleure considération des dirigeants de l'Etat. Au mois d'octobre 2012, après un voyage en Europe, une haute autorité de l'Etat chargée du Foncier est passée dans l'Ihorombe pour réceptionner une voiture tout-terrain et des ordinateurs destinés aux services des Domaines et de la Topographie « résultat d'une collaboration avec Tozzi Green » (6). Le passage de cette haute autorité dans la région aurait-elle coïncidé avec une nouvelle extension des zones attribuées à Tozzi Green et accru l'inquiétude légitime des populations ? Lorsque par ailleurs la communication puissante de Tozzi Green annonce la mise en place par cette société à Satrokala d'un BIF -Birao Ifoton'ny Fananan-tany, guichet foncier - qui va gérer la délivrance de certificats fonciers sur les propriétés privés non titrées (4) - l'on ne peut qu'être indigné par le conflit d'intérêts qui est en train de monter en puissance au niveau de la gestion des terres dans la région avec la bénédiction des autorités centrales. 

Soutenons les populations qui défendent leur patrimoine !

Non à l'intimidation des citoyens de l'Ihorombe qui ont osé demander l'arrêt de l'extension des terres accordées à la société Tozzi Green !

Réitérons avec insistance la demande de transparence totale sur le contenu des contrats signés par l'Etat car ils engagent et brident l'avenir des générations présentes et futures ! 

Il est temps d'arrêter l'accaparement des terres à Madagascar !


Paris, le 27 novembre 2012

Mamy Rakotondrainibe

Voir aussi les 2 articles sur ce blog :  
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Mise à jour ce 12.04.2016 :
"Tsy mahay taratasy" (12mn23) 

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Mise à jour ce 05.04.2017 :
   5 ans après la rédaction de cet article, voici une vidéo permettant d'avoir un aperçu des réalisations de l'entreprise Tozzi Green..


       Le paysage de Satrokala tout blanc comme s'il a neigé ! Mais il s'agit tout simplement d'une pluie de grêles.


                   
    Janvier 2017 (photos Tozzi Green)



    09 Juin 2016 (photos Tozzi Green)





    jeudi 1 novembre 2012

    Fara-Veloma ou Departures

    Ceux qui nous ont quitté - Système parental

    sont commémorés en ce 01 et 02 novembre...

    Rappelons que chez les Bara, le traitement des défunts fait l'objet de protocole richement détaillé.

    voir l'article : "Système parental"
    Il en est de même sur une autre île, le Japon. Ce pays où l'on naît shintô et l'on meurt bouddhiste...
    Voici un film qui illustre ces derniers moments émouvants. Ni macabre, ni sensationnel. Emotions et de l'humour en plus. Le violoncelle est un cadeau supplémentaire.


    A voir et à revoir... pour "penser autrement la mort" selon Merleau-Ponty.

    Voir la bande annonce 2mn13 - (désolé pour la pub qui précède)