BARA de Madagascar

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samedi 18 novembre 2017

Besoin d'information

 Teny Bara - Langue






   La culture Bara est basée sur la transmission orale. Ce n'est que beaucoup plus tard, à l'époque coloniale française que quelques ethnologues (dont Jacques Faublée) ont couché sur papier les informations sur les Bara et ayant ainsi permis de tracer plusieurs monographies. Il en est ainsi du manuscrit sur les Bara laissé par le docteur Antoine Marie Ramarlah.

  Aujourd'hui, la nouvelle génération de Bara a accès à l'information via les média modernes et elle est utilise aussi les réseaux sociaux telles que facebook.




Cependant, la plupart des Bara n'a pas assez de recul pour vérifier les sources de ces informations et tombe dans le piège de la désinformation si fréquente sur ces réseaux sociaux et même dans les journaux qui ne respectent pas trop la déontologie.

En ces périodes d'inquiétude sur l'épidémie de peste à Madagascar voici un exemple type révélant les limites du scoop et la qualité de l'information :



(source)

Bravo à L'Express pour cette information : ça c'est du journalisme !


"Décédé en octobre à Toamasina, Philippe Rahon a été présenté à tort comme étant la première victime française de la peste dans la Grande île. Sa compagne raconte.

   Elle sait que cela ne le ramènera pas. Mais elle voudrait que la vérité fasse le tour du monde avec le même retentissement que l’annonce de sa mort. «Par respect pour sa mémoire», dit-elle. Pascale est la veuve de Philippe. Il avait 40 ans. Il est décédé le 21 octobre dernier à l’hôpital de Toamasina.

   L’histoire débute quelques jours plus tôt à La Réunion. «J’ai loupé mon avion qui devait me ramener directement à Toamasina, j’ai donc pris un vol pour Sainte-Marie. C’est sur le bateau, lors de la traversée, que j’ai commencé à avoir très mal à la gorge», se souvient Pascale, «j’ai retrouvé Philippe, qui lui, allait très bien. Je suis restée trois jours au lit. Un médecin a diagnostiqué la dengue pour moi». Le lendemain, c’est son conjoint qui tombe malade. Mais l’état de santé de Philippe, qui souffre régulièrement d’emphysème et d’insuffisance respiratoire, se dégrade. Il tousse. Il respire mal et se plaint d’avoir les bronches très encombrées. «Nous avons décidé, cette fois, de voir un autre médecin qui nous a orientés vers le centre anti-peste. C’était le meilleur moyen d’ avoir rapidement un pneumologue. Mais là, ils n’ont pas voulu faire à Philippe un test anti-peste. Ils ont insisté pour le mettre directement en quarantaine. Il  ne présentait aucun symptôme ! Il ne crachait pas de sang. Il voulait bien suivre un traitement mais il voulait un test d’abord ! Ils n’ont rien voulu entendre. Nous sommes partis».

   Le vendredi soir, Philippe se réveille brutalement, il se sent très mal. Au centre médical, il est placé sous assistance respiratoire puis transféré à l’hôpital Be. Il perd connaissance, son coeur lâche. Les tentatives sommaires de réanimation restent vaines. Il meurt à 3 heures du matin».

   Avec un brancardier et l’aide d’amis qui m’avaient rejoint, j’ai dû transporter son corps moi-même à la morgue. Là, on lui a fait un test. Seulement une des trois bandelettes utilisées était positive à la peste !

   Au petit matin, la nouvelle se répand très vite à Toamasina. Un ressortissant français est mort de la peste pulmonaire. D’abord relayée par les médias malgaches, l’information va faire très vite le tour du monde.

   Depuis, Pascale n’a pas cessé de se battre. D’abord pour que le corps de son mari ne soit pas enterré dans une fosse commune, le sort réservé dans la Grande île aux victimes de la peste. «C’est une bêtise de plus qui a été dite à son sujet. Non, il n’est pas dans une fosse. Nous lui avons trouvé une place dans un cimetière de Tamatave. Et il a une très belle tombe où nous pouvons dignement lui rendre hommage», témoigne-t-elle, soulagée que sa version des faits soit enfin reconnue. Car elle s’appuie désormais sur une preuve formelle. Nous avons pu consulter le rapport d’analyses de l’Institut Pasteur de Madagascar en date du 7 novembre.

 Tous les tests réalisés à la suite d’une ponction d’organe du défunt sont négatifs. «Pour moi, pour sa famille, c’est important que la vérité soit rétablie», note Pascale, «s’il avait été correctement soigné, si les équipes médicales nous avaient écoutés au lieu de s’entêter dans l’idée qu’il avait la peste, Philippe serait toujours en vie. Il n’est pas mort de la peste. Mais il est mort à cause de la peste».
Pascale avait raison depuis le début. Mais son deuil est miné par les interrogations. «Certains médias n’ont pas fait correctement leur travail. Ils étaient surtout intéressés par le buzz. Ils ont relayé une fausse information sans jamais prendre la peine de vérifier. Et puis, la manière dont certains politiques se sont emparés de la mort de Philippe est détestable. Mais j’ai compris ce que çà cachait. La mort d’un étranger, pour eux, c’était une opportunité. C’était même le scénario parfait, à ce moment-là. Il fallait absolument qu’ils essaient d’en tirer profit. C’était un excellent moyen de récolter plus d’argent, de tirer un maximum d’aides internationales».

   Vers la fin de l’épidémie

  Philippe Rahon, originaire de l’Ain, était installé à Madagascar depuis de longues années. Pascale l’avait rejoint il y a cinq ans. Ensemble, ils avaient monté «Gasy Rug», une prometteuse entreprise de tapis artisanaux en sisal. Elle n’envisage pas de partir. Même s’il n’est plus là. «Ma vie est ici, désormais», dit-elle, «je dois continuer. Je dois me battre. Pour lui.»

  Le dernier communiqué des autorités sanitaires malgaches date du 13 no­vembre. Il faisait état d’une fin «progressive» de l’épidémie de peste. Vingt-huit personnes à travers tout le pays étaient encore en cours de traitement en début de semaine et trois nouveaux malades avaient été admis dans un hôpital.

 Dans certains centres de soins, on commence à démonter les tentes qui accueillaient encore des victimes la semaine dernière. Pour autant, le ministère de la Santé publique assure ne «pas baisser la garde». La lutte contre l’épidémie se poursuit, «en dépit de la baisse considérable des cas notifiés».

  «Les activités se consacrent, actuellement, à la sensibilisation et à la recherche active des cas ainsi qu’au suivi de toute personne qui a été en contact avec des pestiférés», a ainsi expliqué le Dr Joséa Ratsi­rarson, secrétaire général du ministère de la Santé publique.

  L’épidémie de peste qui a frappé Madagascar aurait fait 135 morts. Elle s’était déclarée fin août. La bactérie de la peste, qui se développe chez les rats, est véhiculée par les puces. Chez l’homme, la forme pulmonaire de la maladie transmissible par la toux - peut être fatale en seulement 24 à 72 heures".

© JIR
Photo du mois







    (ancien compte facebook de Bara Ihorombe Madagascar)




vendredi 6 octobre 2017

Besoin de se reproduire

Maneraky (milongo) - Système parental






   Cela fait douze mois déjà que cette série sur les besoins existent. Parmi les besoins primaires figurent celui de se reproduire.

   Dans "L'Evangile des païens" le spécialiste des religions Odon Vallet nous rapporte une pensée de Saint Augustin, un des éminents Pères de l'Eglise : 


"Nous sommes nés entre excréments et urines

   Qui oserait encore mettre en doute que la conception et la naissance se déroulent dans cette zone du corps humain que l'anatomie appelle sacrum


(source)

   Chaque famille donne une éducation à la sexualité à sa progéniture. Le contenu est différent en fonction de chaque culture mais les lourdes conséquences restent les mêmes quand l'ignorance sur le sujet place au second plan ce besoin fondamentale.


(source)
    Dans les meilleurs des cas, parler de la sexualité dans le cadre éducatif demeure un thème gênant, voire un sujet tabou.

     Heureusement que par le biais du programme "Éducation Complète à la Sexualité" ou ECS, l'Unesco aide les enfants et les adolescents à sortir du labyrinthe au fil de leur croissance afin de ne pas se perdre dans les méandres des grossesses non désirées, des IST ou des agressions sexuelles.



     "Dans notre monde en mutation, il n’est toujours pas aisé de grandir. Imaginez que vous ne disposiez pas d’informations fiables et de compétences solides alors que vous entamez le voyage vers l’âge adulte. Les mythes finissent-ils par se faire passer pour  la réalité ? Les pairs, la télévision et l’Internet remplacent-ils les supports et les informations fiables émanant des adultes bienveillants et qualifiés ? Heureusement, l'ECS peut faciliter ce voyage, le rendre plus sûr et plus sain pour nombre de jeunes gens à travers le monde"

   L'ECS donne les moyens aux jeunes de dire NON s'ils n'éprouvent pas encore le besoin d'avoir des rapports sexuels et ce, malgré la pression de son entourage. Tout en sachant qu'il existe des individus qui n'ont pas de besoins sexuels : les asexuels.


(lire l'article)



   Ce qui n'était pas le cas de cet artiste peintre...


(source) (lire aussi)


  Mais revenons au besoins fondamentaux, dont celui d'avoir d'avoir un rapport  sexuel comme nous le montre ce drama coréen :


Photo du mois : 

     

mercredi 6 septembre 2017

Besoin de comprendre

Porénologie politique - Vol de zébus





   L'article de ce mois est volontairement court à l'image de la réflexion de l'Etat malgache - qui se contente malheureusement de ne bricoler que par le biais des armes - pour résoudre la successions de catastrophes générées par les dahalo.

   Effectivement, les vols de zébus dans le Sud malgache puis à travers toute l'île ont commencé par de petites actions culturelles pour finir en véritables business dans de véritables bains de sang.

   Il est donc indispensable de comprendre l'origine et l'évolution des mutations de ces sociétés et de cette nation... 

   La porénologie politique sert à cela, comme l'a dit Spinoza :


"Je me suis soigneusement abstenu de tourner en dérision les actions humaines, de les prendre en pitié ou en haine ; je n’ai voulu que les comprendre"




(source)
Photo du mois : 







    

   Négliger le facteur humain, encenser l'économie et ignorer la sociologie n'ont jamais résolu les problèmes : Preuve en est la persistance des attentats en Europe actuellement...


dimanche 13 août 2017

Besoin de dirigeants et de justice

Des royaumes à la démocratie - Juridiction





   Jadis la société Bara était structurée autour de l'autorité des souverains et de leurs fondés de pouvoir. Actuellement des représentants élus, plus ou moins démocratiquement, essaient de représenter tant bien que mal le peuple Bara. 

   Etant donné que 2018 sera l'année de l'élection présidentielle à Madagascar, des candidatures sortent de l'ombre et celle d'un pasteur roulant en Hummer est déjà bien médiatisée. Lors d'un meeting dans le stade de Mahamasina, les gradins étaient pleins à craquer et la région Ihorombe était bien représentée.



   En attendant l'ouverture officielle de la propagande électorale, voici un aperçu de ce que fut le système judiciaire Bara pendant la période pré-coloniale. Ce texte vous est présenté en avant-première d'un projet d'une monographie sur les Bara.


    "Chapitre 5 : Organisation sociale et activités de production


   Au fil de leurs migrations du sud-est vers le nord-ouest, « il est fort probable que les chefs de familles n’ont obéi à des rois que depuis quelques siècles »  selon Jacques Faublée.

   Cependant, Louis Michel reconnaît « qu’au sein d’une société pastorale bara, l’organisation des tribus et du royaume présentait un ordre assez net » . Rappelons que le foko réunit tous les Bara et que chaque clan (tariky) dispose d’un village commun. La masse de la population bara se reconnaissait sous le générique Bara Malio.  Etymologiquement « Bara Propre », cette appellation regroupe tous les hommes libres, n’appartenant ni à la noblesse, ni esclave. Bien structurée, la juridiction de la société Bara disposait de trois instances pour régler leur différend.




Les responsables et les instances judiciaires

   La première instance assurait une mission de réconciliation au sein de la communauté villageoise. Cette juridiction était sous la diligence d’un élu des villageois, indépendamment de la caste. Ce lonaky y siégeait uniquement à titre consultatif.

   La deuxième instance servait de juridiction d’appel des décisions précédentes, sous la présidence du manandranomay. Littéralement « ceux qui ont de l’eau chaude » c’est-à-dire « ceux qui détiennent le pouvoir » . Il s’agit des assistants du roi. C’est lui qui désignait ces magistrats, sur des critères « d’attachement de fidélité à sa personne »  et toujours indépendamment de leur caste. Ils pouvaient être affectés dans d’autres provinces et leurs décisions étaient irrévocables, sauf pour ce qui relève de la cour royale.

   La troisième instance, celle du pazaka, était une justice sans appel. Ici, le roi détient un pouvoir héréditaire.

   Le souverain était assisté par quatre tandonaky . Faisant partie de la cour, ces notables étaient des missi dominici en temps de paix et des chefs de guerre en cas de conflit. Cette fonction à vie pouvait être révoquée quand les administrés se plaignaient de leur incompétence auprès du souverain. La garde royale était constituée de dix hauts dignitaires, les tsimanata . Ils étaient choisis au sein de la caste noble. Un membre de ce « corps d’élite »  sera chargé de l’exécution, par un coup de sagaie, des condamnés en cas de peine de mort . L’indemnisation des magistrats ainsi que l’amende des condamnés se réglaient en zébus. De même, la place du zébu était primordiale du temps des royautés bara car les échanges économiques obéissaient aux règles du troc.

   Faute d’armée de métier, tous les hommes étaient mobilisables en cas de conflit, quel que soit leur âge, même s’ils étaient mariés. Les femmes valides accompagnaient la troupe afin d’assurer leur ravitaillement, tout en chantant des atsa. Des joueurs (pamaliha) de valiha  interprétaient des airs afin de remonter le moral des troupes. La date de début du conflit était décidée par le souverain, après consultation de l’ombiasa. C’est encore ce dernier qui annonçait la fin des affrontements, en criant « Volamena ranandria » ou « C’est de l’or messieurs » tout en s’interposant au milieu du champ de bataille avec sa canne sertie d’or. Instantanément, « les vaincus apportaient aux vainqueurs le bâton d’or de leur ombiasa et rendaient leurs armes »."


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Mise à jour ce 20.08.2017 :






 Le cadi délivre une justice de conciliation plutôt que de sanction...


(écouter l'émission)
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Mise à jour ce 28.08.2017 :






 Insécurité et corruption – Les désastres dans le Sud de Madagascar dénoncés


(source)
 "Dans un communiqué partagé à ses pairs, un responsable d’une association civile dans le Sud, dresse un bilan sombre de la situation dans cette partie de Madagascar. Une anarchie due à l’insécurité et à la corruption.

    Cas réels constatés. Par ces mots, Emile Thomas Razafindremaka, président de l’association Gny to tsy mba zainy (GTZ), une expression en parler Bara, ethnie du Sud de Mada­gascar, traduite librement en La vérité ne meurt pas, attaque un long communiqué qu’il a partagé aux organisations de la société civile (OSC), au sein du réseau Rohy à la fin de la semaine dernière.

 « En bref, la corruption et l’insécurité règnent dans cette partie Sud de Madagascar », dénonce Emile Thomas Razafindremaka. Fort de près de trois mille mem­bres, l’association GTZ, si l’on s’en tient au communiqué de presse, est active dans les régions Atsimo-Andrefana, Anosy, Ihorombe et Haute Matsiatra. La missive publiée par le président de cette OSC s’apparente à un rapport d’une tournée qu’il a faite au niveau des démembrements de son association, dans ces quatre régions du Sud, durant le mois de juin et jusqu’au 22 juillet.

 La Justice, les forces de l’ordre, les élus locaux, les parlementaires, le représentant de l’État, les responsables auprès des services de santé publi­que, de l’éducation nationale, les fonctionnaires, ou encore, les dépositaires des pactes villageois ou Dina, et même certaines OSC et des syndicats sont frontalement pointés du doigt dans le communiqué. « Il n’y a aucune inspection. Complicités, copinages et corporatismes ont pignon sur rue. Tous sont impliqués, aussi, personne n’ose dénoncer quoi, ou qui que ce soit », a affirmé le président du GTZ.
   Il déplore par ailleurs les démagogies de certains politiciens, OSC, investisseurs, bailleurs de fonds, autorités religieuses qui ne tiennent pas compte de la redevabilité sociale, et ne recherchent que leurs intérêts. Pour appuyer ses invectives, le chef de file du GTZ rapporte des faits constatés dans certaines localités. Concernant l’application abusive des Dina, sans considération des droits fonda­mentaux, l’exemple de la commune d’Isoanala, est citée.
« Cette commune est sécurisée, puisque tout acte de banditisme flagrant, sans ambigüité, est passible de condamnation à mort. Les malfaiteurs, les bandits sont appréhendés par les mpanaradia [poursuiveurs], qui sont membres des Dina, ils sont remis aux gendarmes qui, tout de suite et sans hésitation, les fusillent sans poser de questions. Les gendarmes se soumettent aux directives des Dina », rapporte le communiqué de presse.

Abus et pressions

 Dans sa missive, le président du GTZ affirme que pareille situation est causée par le fait que les locaux n’auraient plus confiance aux forces de l’ordre et aux tribunaux, qui ont une image de corrupteurs horribles chez le peuple. À Betroka par exemple, le communiqué indique qu’un slogan tristement célèbre précède la réputation du tribunal local, à savoir, sans argent, pas de liberté ni provisoire, ni définitive. Sans argent vaut mandat de dépôt.

   La missive indique par ailleurs que malgré l’assainissement de la Justice martelé ces derniers temps, le calvaire des justiciables dans cette partie de la Grande île reste inchangé. « Des Forces de l’ordre, au tribunal de première instance, la corruption est la solution rapide », soutient le communiqué d’Emile Thomas Razafindre­maka. Les excès d’un élu local et d’un responsable de brigade, qui taxerait de 15 000 ariary chaque bovidé mis en vente, y est aussi dénoncé. Les Forces de l’ordre et les tribunaux, par ailleurs, seraient impuissants face à l’application abusive des Dina, qui tournent souvent à une vindicte populaire.
Ces pactes dont seraient dépositaires, pour certains, des parlementaires ou des responsables de collectivités décentralisées, comme celui de Betroka, confectionnés sous la houlette d’un député, et celui d’Ihorombe, surnommé le Dina du Chef de région. Des responsables politiques qui feraient pression pour faire valoir leur loi. Face à ce désastre et toute cette décadence, le président du GTZ, soutient, néanmoins, que dans tous les secteurs, des personnes intègres et compétentes veulent changer les choses, mais croulent sous les intimidations des membres de leurs corps respectifs"


Garry Fabrice Ranaivoson
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Mise à jour ce 30.08.2017 :

  Exemplarité...







(source)  

Photo du mois :





lundi 10 juillet 2017

Besoin d'appartenance

Généalogie et Société - Filongoa






    Le mois précédent nous avons découvert le besoin de reconnaissance de tout un chacun. Ce besoin se manifeste par rapport au regard de l'autre donc au sein d'un groupe d'individus.

   Les Bara n'échappent pas à cette règle et même de nos jours ils revendiquent tous d'être descendants de Zafimanely. Mais il fut un temps les groupes Bara étaient mieux définis comme nous le rappelle la Petite encyclopédie du Grand Sud de Madagascar de Jean-Michel Lebigre :



(source)
   Pendant la période pré-coloniale, plusieurs généalogies de souverains Bara étaient encore transmis dans les récits des populations de l'Ibara.


(source)
  
(généalogie)

  L'exclusion des clans, définie dans le livre "La cohésion des sociétés Bara" de Jacques Faublée, signifiait une mort symbolique mais encore un risque de non-survie dans les conditions difficiles de l'époque.

  Aujourd'hui, les sociétés Bara ont évolué jusqu'à ne plus devenir qu'une des 18 tribus malgaches. Néanmoins, la population de l'Ibara revendique son appartenance à cette région de l'Ihorombe même s'ils ont essaimé à travers la Grande Île et dans le monde entier. Preuve en est l'existence de l'Association des Natifs de l'Ibara ou FITIBA.


(source)

   La nouvelle génération de Bara s'est très bien appropriée l'usage des réseaux sociaux pour se retrouver en communauté...


(source)
   Enfin, certains chercheurs, comme Julien D’Huy, ont remonté assez loin dans l'histoire de l'humanité pour placer l'individu au sein d'un groupe :


Le motif de Pygmalion :
origine afrasienne et diffusion en Afrique "



(source)

Photo du mois


lundi 19 juin 2017

Besoin de reconnaissance

Estime de soi - Vol de zébu






    Dés que l'on parle de la tribu des Bara, tout de suite, l'idée de voleur de zébus surgit à la tête des communs des mortels, surtout en ces moments de douloureuses actualités dans l'Ihorombe ou ex-Ibara.

   Effectivement, si de nos jours cela est devenu une activité purement lucrative, jadis, le vol de zébu était tout simplement d'un rituel bien encadré dans un processus de construction social basé sur le besoin de reconnaissance d'un candidat au mariage.


(source)
  Entre autres, il était interdit de :

  • vendre le boeuf escamoté à son voisin
  • volé le bétail d'une veuve ou d'un handicapé
  • s'accaparé d'une quantité trop importante de bêtes
  • ...
   Hélas, ce n'est guère plus le cas de nos jours.

   Pour rester dans le sud-ouest malgache, on peut se poser la question si c'est par besoin de reconnaissance que le professeur d'anglais René Fulgence, Bara originaire d'Ilakaka, a écrit, réalisé et produit une trilogie sur les voleurs de zébus. Les deux premiers volets sont déjà disponibles sur le marché en DVD.

   Ceci nous fait penser que les français aussi écrivent par besoin de reconnaissance comme nous l'explique Vincent Monadé sur France culture.


  La plupart des personnes ressentent le besoin de reconnaissance comme nous le montre la réactivité des moteurs de recherche à ce sujet sur internet.


  Bien que faisant partie des besoins secondaires, le besoin de reconnaissance a été le sujet d'étude de Yolande François de l'Université Lyon 3.

(page 5)
    Patrick Collignon, différence bien les trois forme de besoin de reconnaissance :


(source)
  
   Pareillement, le manque de considération peut porter préjudice à l'édifice d'un meilleur estime de soi, jusqu'à semer le trouble au sein d'une entreprise.

(source)
   C'est pour cela que même le Lean Management, qui est une stratégie de long terme, prend en compte ce volet non négligeable dans l'organisation socio-professionnelle.



(page 5)
   Enfin, au sujet de l'impact du manque de reconnaissance et la mise à l'écart d'une partie des citoyens sur la radicalisation des terroristes, le débat entre les sociologues et le pouvoir exécutif est clos puisque le gouvernement a mis en place un site pour prévenir les français des risques d'embrigadement.

(source)
   Tout cela aurait pu être éviter si la prévention par le biais de l'éducation était une priorité. Nous sommes encore loin de comprendre que la méditation reste une voie vers le bien-être, donc elle peut limiter l'agressivité. Deepak Chopra l'a expliqué clairement :

(méditation du 19° jour)

   Voici quelques clés que nous livre André Charbonnier pour rehausser votre estime de soi tout en vous libérant de ce besoin secondaire.

(lire l'article)
   Même les dahalo en pleine reddition ont droit à une lettre de reconnaissance de la part de la gendarmerie !


(source)
   Des offensives initiées par la gendarmerie avec l’appui d’une armée de villageois ont contraint une centaine de dahalo retranchés à la reddition.

  "Des villages des fins fonds de la brousse de Betroka libérés de l’emprise des dahalo. Dimanche et lundi, une centaine d’hommes, dont la plupart étaient tristement connus par les personnes de leur entourage comme étant des voleurs de bétail et des bandits de grand-chemin sont sortis de leur fief, enfoui dans les montagnes profondes de l’Andriry-Sud.

   Cette  reddition s’est opérée dans la commune rurale de Bekorobo au terme d’une double opération militaro-civile menée à l’initiative des groupements de la gendarmerie nationale des régions de l’Anosy et de l’Androy.

  Après une victoire arrachée au forceps par le lieutenant-colonel Théodule Ranaivoarison ainsi que le capitaine Harena Rakoto­malala, commandant de la compagnie de la gendarmerie de Betroka et leurs hommes, lors d’un affrontement soldé par la mort d’une quinzaine d’individus armés les 18 et 19 mai dans les dédales de montagnes de Berotsy, un repaire de dahalo autrefois réputé comme étant un abattoir à gendarmes, les forces de l’ordre ont verrouillé leur avantage en revenant à la charge.

   Du 2 au 5 juin, quatre-vingt éléments, dont des gendarmes de l’Unité spéciale anti-dahalo (USAD) et des  militaires appuyés par près de huit cents villageois équipés d’armes blanches et de fusils de chasse, sont revenus à la charge, pour marcher à Mahilivoro, Nanarena, Itroho et Ambinda faisant office de  plaque tournante, ces quatre localités sont bien connues des gendarmes comme étant des lieux de blanchiment et de partage des bœufs volés mais aussi de repli, de constitution et de reconstitution des hordes de dahalo les plus redoutables. En 2012, le capitaine Jonah Tsiresindahy y a été tué aux côtés de trois de ses gendarmes ainsi qu’un officier de l’armée malgache. Pas plus tard qu’au mois de janvier de l’an passé, un gendarme de Bekorobo y était également tombé sous les balles des dahalo.

   Des villages déserts attendaient néanmoins le fokonolona et le peloton armé lors de la deuxième opération de début juin. Aucune résistance n’a été rencontrée pendant cette conquête qui a eu pour effet de déclencher six jours plus tard la reddition de la centaine d’individus terrés dans la chaîne de l’Andriry.


Système ingrat

   Dimanche, les caïds des montagnes d’Ambinda leur ont emboîté le pas en se rendant à la société et aux autorités. Des zébus offerts par leurs villages ont été tués afin d’en partager la viande pour ficeler le pacte de reddition.

   « Les villageois qui ont participé aux opérations ont combattu vaillamment, sans contre partie. Nous leurs avons décerné des lettres de reconnaissance pour manifester notre gratitude », confie le colonel Théodule Ranaivoarison.

   Si d’une part, ce geste de la gendarmerie avait de quoi remonter le moral des civils qui lui ont prêté main forte, l’octroi de lettres de félicitation aux éléments des forces de l’ordre qui ont bravé la mort sur le champ de bataille depuis la reddition de quatre mille dahalo à Amboasary-Sud en 2014 se font attendre depuis maintenant plus de trois ans".


Andry Manase (16.06.2017 - L'Expressmada)


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Mise à jour ce 13.07.2017 :






    Du besoin de reconnaissance à la comparaison aux autres et à la mésestime de soi, il n'y a qu'un pas... 
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