BARA de Madagascar

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dimanche 11 décembre 2016

Besoin de mourir

Mort du corps... et l'âme ? - Au-delà

    En 1850 Brillat-Savarin a inscrit "mourir" parmi les besoins humains. Effectivement, si nous ne mourrons jamais la planète sera déjà saturée ou complètement détruite, étant donné notre capacité de destruction. L'anthropocène désigne d'ailleurs la période actuelle où l'être humain a laissé des traces irréversibles sur l'environnement.  

    Bien que les Bara ne soient pas de grands prédateurs ni de grands pollueurs, comment conçoivent-ils la fin de vie ?

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    Toujours chez les Bara - et les malgaches pratiquants l'exhumation - la mort est un processus nécessaire et suffisant pour entrer au panthéon des ancêtres. 


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   Beaucoup de Bara et de malgaches se sont convertis au christianisme, ce qui n'empêche pas la mort de frapper d'une manière nouvelle dans l'Ibara et tout Madagascar d'ailleurs. L'assassinat est devenu tristement fréquent quand l'enjeu commercial autour du commerce du zébu prend des proportions importantes.  

   Depuis le début de l'opération Mazava (lumineux) contre le vol de zébus et pour le rétablissement de l'ordre en milieu rural, 25 personnes sont déjà morts ! Sombre bilan pour une opération lumineuse. 


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   Ce n'est pas parce que le verset 110 de la Sourate 18 du Coran annonce "Dis : Je ne suis qu'un être humain comme vous" que l'humanité a le même comportement face au sujet philosophique qu'est la mort.


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   Chaque culture la manifeste différemment. Celle de l'Occident est plutôt une vision de la mort aseptisée où l'on prend des distances, dans la mesure du possible, même quand il s'agit de la mort d'un proche. Ceci explique peut-être aussi ce pessimisme grandissant dans le monde moderne comme l'écrit Gaston Paul Effa dans "Le dieu perdu dans l'herbe" à la page 153 :


« Vous avez peur de la mort car vous avez oublié de vivre »



Photo du mois

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Mise à jour le 08.01.2017 :

   Considérée comme un suicide par certains et d'ailleurs interdite par la législation japonaise actuelle la pratique du sokushinbutsu permettait à quelques moines bouddhistes de mourir à petit feu et de se momifier.

(lire aussi)
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Mise à jour le 22.08.2017 :


(lire l'article)
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Mise à jour le 29.10.2017 :


"Les pillages de sépultures font rage. Mercredi et jeudi, les forces de gendarmerie ont constaté deux cas. Si auparavant, les cambriolages de caveaux commis en plein Tana étaient concentrés à Ambohiman­gakely, Ambohijanaka et Itaosy, le phénomène fait tache d’huile dans l’Avara­drano à Ilafy et Ambohi­manga. Le dernier pillage constaté a été perpétré à Ambohipanja Ankadikely Ilafy. Jeudi après-midi aux alentours de 16h 30, un membre du comité de vigilance du quartier d’Ambohipanja s’est présenté à la brigade territoriale de la gendarmerie pour le signaler. En effectuant un état des lieux, les gendarmes ont noté que c’était le caveau d’une famille résidant à Ankadifotsy qui a été pris pour cible. Les
malfaiteurs ont arraché vingt-quatre os longs sur plusieurs corps.

Pas plus tard que la veille à Ambodimanga Itaosy, des personnes venues assister à un  enterrement ont constaté  qu’un tombeau des environs avait été ouvert.
Alertés aux alentours de 15 heures, les gendarmes se sont rendus sur les lieux pour faire le constat. Ils ont alors découvert que neuf corps ont été vandalisés et les malfaiteurs en ont emporté les os longs.

Fantasme

La brigade  territoriale de la gendarmerie nationale à Itaosy est saisie de l’affaire. Le cambriolage remonterait à une semaine selon les enquêteurs. Pour ce double acte  de vandalisme, commis à Itaosy et à Ankadikely Ilafy, aucun indice ne permet, jusqu’à maintenant, de remonter de fil en aiguille aux auteurs.
Très souvent, les trafiquants d’ossements humains se font prendre pendant qu’ils essayent d’écouler la marchandise prohibée. Des séries d’arrestations s’ensuivent le plus souvent lorsque les forces de l’ordre réalisent leurs coups de filets. Auteurs et démarcheurs se font arrêter. En revanche, les acheteurs sont impossibles à identifier et demeurent, à chaque fois, insaisissables, amenant
ainsi à penser que le trafic d’ossements humain n’est que le fantasme d’un business criminel aléatoire où les acheteurs promettent du vent aux auteurs pour mieux les rouler dans la farine. Vieux d’une quadruple décennie, le vol d’ossements humains se fige encore dans la nébuleuse où le mystère est entier sur la finalité."
Andry Manase