BARA de Madagascar

Photos & Vidéos de BARA

dimanche 8 juillet 2018

Besoin de reporter

Investigations  Dommages collatéraux








      Le mois dernier nous avons évoqué le besoin de savoir. Comment savoir ce qui se passe dans les contrés lointaines sans le témoignage des reporters ?

       Nous savons déjà la violence dans l'Ibara suite aux interminables vols de zébus. James Patrick a pris le risque d'aller sur place pour faire un reportage.

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Photo du mois 








       






   

jeudi 7 juin 2018

Besoin de SavoirS

Entre Savoirs & Connaissances  Chapitre 6 - apprentissage








      Les Bara savaient de manière empirique beaucoup de choses. Par le biais de l'éducation silencieuse, les parents transmettaient aux enfants toute la culture bara. Et quand ils voulaient "savoir" l'avenir, les Bara consultaient l'ombiasa.



   Aujourd'hui, les Bara ont accès à l'école et ils vont découvrir qu'il existe plusieurs types de savoirs :


  • Savoir-empirique
  • Savoir-être ("Les élèves doivent pouvoir acquérir ou découvrir un savoir-être, à travers les rôles qu'ils adopteront tout au long de leurs études et les responsabilités qu'ils prendront dans le déroulement de celles-ci" B. Schwartz)
  • Savoir-faire
  • Savoir-aimer
  • Savoir-peindre
  • Savoir-écrire
  • Savoir-lire
  • Savoir-bâtir
  • Savoir-décliner ("le chic suprême du savoir-décliner" Colette)
  • Savoir-dire
  • Savoir-manger
  • Savoir-vivre
  • Savoir-mourir
  • Savoir-rire
  • Faire-savoir
  • Non-savoir
   Rappelons que le savoir est fortement lié à une histoire de goût. Preuve en est nos difficultés pour acquérir un savoir quand dans notre enfance nous n'aimions pas apprendre telle discipline académique.

   Effectivement le mot savoir dérive du latin populaire sapēre, en latin classique sapĕre, « avoir de la saveur », avec influence de sapiens « sage », d’où « être perspicace », « comprendre ».

(source)
   Dés fois on comprend mieux le sens d'un mot à travers ses synonymes,



ou ses contraires :



   Notons encore que c'est dans le milieu médical que s'est affirmé le savoir empirique. Dans le domaine de la science infirmière, il se décline en :

  • savoir esthétique : l’art des soins infirmiers
  • mode de savoir esthétique
  • composante du savoir personnel
  • savoir éthique : la composante morale

(source)

   Les sciences humaines se sont aussi pencher sur le sujet. 



(lire l'article)

    Mais gardons le meilleur pour la fin : les 7 savoirs indispensables au regard du développement durable qu'est l'éducation !


(lire le PDF)
   Vous ne savez toujours pas la différence entre savoir et connaissance ?



   Et si vous préférez la presse pour approfondir le sujet :


(lire l'article)
   Vous voilà bien armé pour ne plus être coupable d'ignorance ! 

Photo du mois 












dimanche 13 mai 2018

Besoin d'écrire

Ecrire pour partager  - Manuscrit








      A l'heure du tout numérique, les lettres sous enveloppe avec de beaux timbres se font de plus en plus rares dans vos boîtes aux lettres, eux même normées. Même le courriel est délaissé au profit des "messenger" des réseaux sociaux, sans parler des nombres de caractères limités - puis augmentés - par tweeter !

    Aujourd'hui je vais vous parler d'une autre écriture. De tout écriture personnelle. Celle qui vous fait du bien... et qui ne vous appartient plus dès lors qu'elle est publiée. La partager aux lecteurs, non pour s'attribuer une quelconque gloire et encore moins prétendre en vivre car cela est réservée à un strict cercle réduit, mais juste pour le plaisir de partager un sujet qui vous touche au plus profond. Qu'importe sa forme : roman, essai, poésie, document plus ou moins scientifique, l'essentiel est de franchir la barrière de la peur et de se faire plaisir.

         Dans son livre "Le besoin d'écrireRoger Vrigny a écrit "Un constat qui peut surprendre dans un pays comme le nôtre où traditionnellement le livre et l'écrivain sont objets d'envie et de considération, où chaque citoyen, du plus humble au plus glorieux, rêve de voir son nom imprimé sur une page de couverture."


(lire un extrait)
         Pour écrire, il faut du temps. Il se trouve que 7 ans de chômage m'a permis de me documenter, de créer un site sur la culture Bara et ce blog. Au cours de ces longs parcours ANPE puis PÔLE EMPLOI, j'ai croisé plusieurs demandeurs d'emploi sombrer dans la déprime. Voyager virtuellement dans le sud malgache m'a permit de ne pas me dévaloriser pendant une période si longue. Il est à noter aussi le soutien inconditionnel de mon épouse et de mes filles, sans compter leur efficacité pour la relecture et les corrections nécessaires. Je ne leur remercierai jamais assez !

         Merci aussi aux patrons de laboratoire qui m'ont licencié à maintes reprises et qui m'ont donné le temps d'écrire !  

           Et c'est ainsi que j'ai la joie de vous partager cet ouvrage. A lire sans modération et à partager sans hésitation car il est libre de droit. Vous pouvez le télécharger sous format word ou pdf, à votre guise.


(télécharger le livre)






             Et comme il faut "rendre à César ce qui est à César" (Marc, XII, 13-17; Matthieu, XXII,21; Luc, XX, 25), "Croyances et santé chez les Bara" n'aurait jamais existé sans le manuscrit "Ny amin'ny finoan'ny Bara" écrit en 1912 par mon grand-père.




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          Déjà partagé sur academia.edu , "Ny amin'ny finoan'ny Bara" a suscité beaucoup d'intérêts chez les lecteurs. 


(télécharger le livre en malgache)

          D'autres documents sur la culture Bara sont disponibles encore sur academia.edu :


Mise à jour ce 09.06.2018 :
Merci aux 2 plateformes ci-dessous pour la communication :

(accès au site)

(accès au site)


Photo du mois         




       


jeudi 29 mars 2018

Besoin de temps

Moramora ou pali pali  - Sagesse malgache






   Le mois dernier nous avons évoqué le besoin de transport. Se déplacer dans l'espace peut être aussi un déplacement dans le temps. Ce qui est sûr, c'est que cela nécessite du temps.
 

La conception du temps à l'époque des royautés Bara et celles du XXI° siècle ne sont plus les mêmes.

 Néanmoins, il reste un fond commun à toute la population malgache. C'est le concept du
moramora 


(source)

(source)


      Après lecture de cette fine analyse de Sylvain Urfer et de Patricia Rajeriarison, quel est votre rapport au temps ?

          Avant de vous prononcer, amusons-nous à découvrir une autre culture complètement à l'opposé des malgaches : Le pali pali de la Corée du Sud ! 

빨리빨리





(source)
   Hasard du calendrier, la 13° jour de méditation proposée par Deepak Chopra est tout simplement axée sur le TEMPS ! 


(faire la méditation)


Photo du mois 
        (zodiac bara)                        (travailler toujours plus vite)


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Mise à jour ce 16 juin 2018 :

   Voici une émission qui tombe à pic !


(écouter l'émission)



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Mise à jour ce 16 juillet 2018 :

(source)

     "4.2.  Regards sur le rapport au temps

     4.2.1.    Une gestion du temps difficilement acceptée par les étrangers

      Constatations sur les problèmes de gestion du temps :

   Plus de la moitié des expatriés enquêtés déplore d’office de la part des Malgaches un problème avec la gestion du temps, souvent cité comme point faible de leur comportement. Trois d’entre eux précisent qu’un de ces problèmes de gestion du temps se situe au niveau de l’organisation.
Ainsi, lorsque la question sur le comportement en matière de ponctualité est posée, une grande majorité n’hésite pas à affirmer que les Malgaches sont souvent en retard.
     Près de la moitié des enquêtés a du mal à accepter un problème de « lenteur » chez les Malgaches, et notamment le fait que ces derniers travaillent moins vite, retardant ainsi le travail qui doit être fourni.

     Une difficile prise sur le temps dans la culture malgache :

    La notion culturelle du rapport au temps a été une explication du comportement des Malgaches pour plus des deux tiers des entretiens avant de poser spécifiquement la question des fondements du rapport au temps des Malgaches.
     Cette valeur, fortement ancrée dans la société malgache d’après les étrangers enquêtés, semble être fermement liée à la vie malgache : certains mettent l’accent sur l’oralité, d’autres sur l’espérance de vie des Malgaches, la durée de la journée et l’instant présent. Par exemple, en campagne, le temps est assimilé aux différents stades du soleil : se lève-t-il, est-il au zénith ou se couche-t-il ? Les paysans ont également la valeur du temps que met le riz à cuire, l’eau à être puisée ou les récoltes à être réalisées mais pas celle des heures.
Cette perception de la culture malgache est confirmée lorsque un tiers des enquêtés précise que les Malgaches n’ont pas de prise sur le temps, que ce soit sur le passé ou le futur. Une personne explique ce phénomène avec la place de Zanahary (Dieu) qui seul pourrait avoir une influence sur le temps et deux autres avec la place de la vie après la mort qui régit la vie sur Terre.
Une expression citée par deux enquêtés (n°1 et 4) pourrait résumer la différence entre les vazaha et les Malgaches : les vazaha ont une montre et les Malgaches ont le temps !
      Il est intéressant de relever que trois expatriés rappellent la notion malgache du moramora lorsqu’ils parlent du temps à Madagascar. Cependant, un d’entre eux attribue trop rapidement cette notion à une technique du moindre effort.
      De plus, les enquêtés n°1 et 3 avancent une explication des retards en expliquant qu’ils seraient en réaction à la colonisation et aux colons à l’époque. L’enquêté n°1 précise la pensée des Malgaches sur ce point « on n’est plus colonisé, on est libre ! »

      Ainsi les expatriés enquêtés s’expliquent tout à fait les nombreux retards ou lenteurs qu’ils regrettent chez leurs collègues malgaches par leur perception culturelle du temps dans la culture malgache.

       4.2.2.    Un avis modéré sur la gestion du temps des Malgaches

       Ponctualité :

    Seuls deux enquêtés estiment que tous les Malgaches sont stricts sur les horaires. Pourtant, lorsqu’ils tentent de chercher les fondements du rapport au temps, ils ont tendance à expliquer un comportement plus laxiste de la gestion du temps (par le moramora, le lien à la nature, la sacralité du temps…).
Trois autres expatriés précisent que seul le personnel de leur équipe est à l’heure, deux ajoutant que ce « résultat » est dû à une sérieuse discipline ou à l’évolution des valeurs et du comportement des Malgaches qui ont eu l’opportunité de vivre à l’étranger.

        Relativisation de la gestion du temps :

      Les enquêtés n° 5 et 7 se distinguent par un avis relativement positif sur la gestion du temps des Malgaches. Ils expliquent qu’il y a simplement une différence de gestion du temps et non problème de gestion du temps qui ne se fait pas obligatoirement au dépend du travail, mais au profit des relations humaines et de l’importance primordiale de la vie. Ceci expliquerait pourquoi le temps ne serait pas considéré comme une valeur en soi par l’un des deux enquêtés dans la culture malgache. De plus, bien que les retards puissent être « catastrophiques » pour le travail selon l’enquêté n°7, cela aurait tendance à montrer la supériorité des Malgaches en laissant les vazaha s’énerver pour rien dès le moindre retard alors qu’eux-mêmes savent qu’il faut respecter le temps en toute circonstance.

     D’autre part, deux autres enquêtés (n°1 et 6) travaillant à Madagascar depuis plusieurs années tempèrent leur vision négative de la gestion du temps des Malgaches. Selon eux, les problèmes de lenteur peuvent être la manifestation de patience et d’adaptation (« une demi heure de retard n’est pas du retard ici » d’après l’enquêté n°1) ou prouver que les Malgaches n’identifient pas autant que les expatriés le temps à de l’argent.
     L’enquêté n°6 prouve ses dires par une méthode mise en place au sein de son projet pour éliminer les retards : après avoir acheté une montre à tous ses collègues, il leur a retiré de l’argent pour chacun de leurs retards au travail et actuellement toute son équipe est ponctuelle ou bien prévient en cas de retard.

     Bien que la plupart des enquêtés aient du mal à accepter la gestion du temps de leurs collègues malgaches, ceux qui ont engagé un travail sur le respect des horaires avec eux en sont le plus souvent satisfaits.
De plus, les enquêtés n° 1, 5, 6 et 7 se rendent compte qu’ils n’ont peut-être pas à juger le comportement des Malgaches en fonction de leur propre culture, mais en fonction de celle de leurs collègues. Cela nous permet d’avancer l’hypothèse que ces personnes essayeraient de comprendre la culture malgache de l’intérieur[35].

     4.3.  Regards sur la communication

    4.3.1.    Des problèmes de franchise et de diplomatie des Malgaches

   Le manque de franchise et la diplomatie mal acceptés par les étrangers :

    Plus des trois quarts des expatriés parlent, de leur propre initiative, d’un problème de communication et la totalité des enquêtés confirme ce point de vue lorsqu’ils abordent la question de la communication dans le comportement des Malgaches.
  Nous avons observé dans la partie précédente un certain manque d’organisation des Malgaches relevé par trois enquêtés. L’un d’entre eux (n°3) ainsi que l’enquêté n° 4 confirment cet aspect du comportement des Malgaches dans leur communication en déplorant le manque de clarté, de cohésion et de cohérence de leurs propos. De même l’enquêté n° 6 nous explique « qu’avec les Malgaches, c’est beaucoup de palabres pour peu de décisions ». L’enquêté n°9 apporte peut-être un début d’explication à ce comportement en expliquant tout simplement que la communication est « différente » à Madagascar.
Exprimée différemment par trois enquêtés, la manière de faire circuler les informations (restitutions aux partenaires du projet pour l’enquêté n°2, passage de l’information, n°7, et retour d’informations, n°10) semble également les gêner.
     Nous pouvons également noter que presque un tiers des étrangers enquêtés a remarqué que les Malgaches attendent pour annoncer les choses importantes, ce qui peut entraver le bon déroulement des projets. Tout simplement, l’enquêté n°2 remarque que les Malgaches « ne vont pas nier ce qu’il faudrait nier ce qui fait prendre des retards importants ».

     D’autre part, les non dits (relevés par deux tiers des enquêtés), les personnes qui ne sont pas directes (près d’un quart des enquêtés), et celles qui ne disent pas ce qu’elles pensent (idem) confirment un manque de franchise perçu par la quasi totalité des enquêtés (12) lorsqu’il leur est demandé leur avis sur ce thème. Ce manque de franchise est perçu très négativement par certains : l’enquêté n°8 affirme que la franchise n’existe pas à Madagascar et le n°2 affirme même que les Malgaches sont tout simplement hypocrites.
A ce stade, nous pouvons remarquer que les enquêtés n°2 et 8 expliquent le comportement des Malgaches en fonction de leur propre culture ce qui peut avoir tendance à les mener à des critiques (ou louanges) de la culture malgache en la comparant à leur[36].

  De plus, une forte diplomatie (relevée par deux tiers des enquêtés) est souvent associée au manque de franchise et par conséquent assimilée à un comportement plutôt négatif.

    Explication manque de franchise, diplomatie et communication :

    Plus de la moitié des étrangers tente de justifier automatiquement les causes de manque de franchise et plus précisément des non-dits lorsqu’ils évoquent ce comportement qui les gêne. Ils estiment que les Malgaches ne sont pas francs dans le but de ne pas vexer leur interlocuteur. La peur de blesser, froisser ou décevoir l’Autre, d’envenimer une situation (enquêtés n°4 et 13) de contredire (n°11) ou d’être impoli (n°7) sont les raisons avancées par les étrangers.
L’enquêté n°3 avance un complément d’explication. Il estime que l’on a « jamais de certitude sur le fond de la pensée des Malgaches en raison de leur origine asiatique». Il explique également que l’insularité a « forcé » les 18 ethnies à cohabiter et donc à chercher un moyen de « s’entendre à tout prix quitte à garder des rancoeurs cachées » ce qu’il appelle le « consensus mou ».

    Pour compléter la compréhension qu’ont les étrangers de la communication, il nous faut parler de leur interprétation de la résistance aux influences de leurs collègues locaux. Les enquêtés n°12 et 13 précisent que le manque de résistance aux influences ne serait qu’apparent mais qu’au fond les Malgaches gardent toujours leurs idées. L’enquêté n°5 confirme cette idée en expliquant que ses collègues malgaches opposent « une résistance passive aux étrangers : ils s’adaptent mais changent rarement ». Ce comportement pourrait justifier la forte diplomatie et le manque de franchise observés. En effet, ce comportement permettrait aux Malgaches de ne pas affirmer leur position réelle en donnant raison à leur interlocuteur. Cette parade ou « solution accommodante » d’après l’enquêté n°5, leur permettrait de ne pas avoir besoin de remettre en cause leurs avis par des débats inutiles et de garder ainsi leur jugement intact. Selon l’enquêté n°11, cette réaction serait « le tombeau de nombreuses stratégies », en effet, les décideurs étrangers seraient persuadés que leurs interlocuteurs sont d’accords avec eux puisqu’ils ont consenti alors que ce n’est pas le cas.
Seul l’enquêté n°13 explique ce comportement par la force de l’oralité à Madagascar, comme si « ce qui était dit était une chose déjà réalisée ».

   Cependant, trois enquêtés louent la patience et la tolérance des Malgaches. Ces qualités peuvent atténuer leur point de vue initialement négatif sur la communication des Malgaches et appuyer l’hypothèse précédente.

    Soumission à la hiérarchie dans la culture malgache :

   La soumission à la hiérarchie est un comportement observé par la grande majorité des enquêtés. Près d’un quart des étrangers estime qu’elle fait partie à part entière des valeurs malgaches (nous y reviendrons dans la partie suivante), ce qui peut également justifier la forte diplomatie dont font preuve les Malgaches.
  Pourtant l’enquêté n°7 estime que les Malgaches ont la possibilité de s’affranchir de ce poids culturel avec les vazaha ce qui peut faciliter la communication avec eux dans certains cas.


   Tout comme le rapport au temps, les expatriés ne semblent pas réellement apprécier les blocages de communication (diplomatie trop importante, manque de franchise, circulation des informations difficile…) de leurs collègues malgaches. Pourtant, la plupart arrive à expliquer ce comportement par l’organisation de la vie sociale des Malgaches (respect de la personne qui s’exprime et de la hiérarchie) ainsi que par la résistance aux influences.

   4.3.2.    Contourner les problèmes de communication

     Cependant, il est nécessaire de tempérer ces données par presque deux tiers d’enquêtés expatriés qui trouvent également des points forts à la communication des Malgaches.
   Bien que nous ayons parlé des biais de la communication malgache en insistant sur le fait que les Malgaches puissent omettre de dire certaines choses, l’enquêté n°5 reconnaît que les blocages évoqués puissent être dus à la recherche d’harmonie des Malgaches qui cherchent à éviter systématiquement les conflits.

    D’autre part, les enquêtés n°4 et 13 expliquent que le dialogue est facilité lorsqu’il est en langue malgache, en précisant (enquêtés n°4 et 8) qu’il l’est encore plus lorsque les Malgaches communiquent entre eux. Peut-être que l’enquêté n°5 apporte une piste d’explication en précisant que la langue malgache regorge de « diplomaties » avec, par exemple, des intonations en fin de mots « ê, ô », le doublement des adjectif pour en atténuer le sens ou l’emploi du passif et de « mots d’atténuation» (ou de politesse)  qui n’existent pas en français « mba, moa, ange… »

    De plus, l’enquêté n°2 remarque que lorsque les problèmes de franchise sont brisés, la communication s’améliore, de même pour l’enquêté n° 11, lorsqu’une bonne dynamique de groupe est établie.
    L’enquêté n°2 affirme d’autre part que le dialogue de ses collègues avec la population locale est très bon alors qu’il ne l’est pas réellement avec les acteurs institutionnels. Ainsi ses collègues auraient plus de facilités à communiquer lorsqu’ils sont à l’aise, en l’occurrence sur le terrain ou lorsqu’une bonne dynamique d’équipe est mise en place dans les cas précédents. L’enquêté n°4 précise que se considérer au même niveau que ses collègues malgaches « parler d’égal à égal » l’aide à les mettre à l’aise et à mieux communiquer.

    Enfin, l’enquêté n°1 apporte une solution aux problèmes de compréhension qu’il a avec les Malgaches. Il adapte ses questions au type de réponse qu’il souhaite obtenir. Par exemple, sachant pertinemment que ses collègues répondront toujours oui à la question « Est-tu d’accord ? », il préfère demander « Qu’en penses-tu ? » qui lui permettra d’avoir plus de chances de recueillir l’avis de l’intéressé. Ainsi des questions ouvertes ont plus de chances de fournir des informations sur la pensée des Malgaches selon lui que des questions fermées.
      L’enquêté n°12 complète cette « stratégie » en proposant d’intervenir en « amont des idées », car souvent il est trop tard pour demander leur avis aux Malgaches lorsque l’étranger a déjà proposé une idée (sous entendu : le Malgache n’ayant pas la même idée et ne voulant pas, ou brusquer le vazaha, ou risquer de remettre son idée en question, n’en débattra plus).

     Certains enquêtés, bien qu’ayant du mal à accepter la communication de leurs collègues telle quelle, ont trouvé des moyens de contourner la situation a leur avantage. Ainsi les enquêtés n°1 et 12 ayant une expérience de plusieurs années à Madagascar ont abandonné leur mode de communication habituel, plus direct pour permettre à leurs collègues de s’exprimer tout en respectant leurs propres moyens de communication. Ceci a obligé ces deux individus à prendre du recul sur leur propre culture[37]."



vendredi 23 février 2018

Besoin de transport

Besoin de mobilité






   Du temps des royautés Bara les déplacements étaient strictement limités au moyen pédestre. Toute notion de transport était secondaire.

  Il a fallu des décennies pour que la RN7 soient bitumée alors que la région recèle des richesses. Les infrastructures routières prennent aussi leurs sens dès lors que la notion d'évacuation sanitaire est évoquée.

  Certes les taxi-brousse ont toujours existé, cependant au XXI° siècle ce mode de déplacement est devenu plutôt confortable pour une certaine catégorie de voyageurs aisés. Pour autant, l'investissement en confort n'empêche pas les exactions des coupeurs de route...


(lire l'article)
    Pour ma part, je dépend entièrement des transports en commun pour des raisons écologiques mais aussi financières. Cela nécessite un minimum d'organisation quand on est en milieu rural.

   Ce qui semble être une perte de liberté (limitation en autonomie) semblerait plutôt être un gain non considérable en terme de dépense : 

  • pas de note d'essence
  • pas de frais d'autoroute
  • pas d'abonnement d'assurance
  • pas de frais d'entretien
  • pas d'amende ou de PV
  • ...  
   Au final, une augmentation du pouvoir d'achat... Une vraie liberté en quel que sorte...

Photo du mois





dimanche 14 janvier 2018

Besoin d'argent

Mila vola






   Du temps des royautés Bara, l'argent n'avait pas la même utilité qu'aujourd'hui. Le zébu était, en quel que sorte, la principale "monnaie" d'échange. L'argent ou le métal, dont le symbole chimique est Ag, servait plutôt dans la confection des parures.
(source)
   De nos jours, le zébu figure sur les billets de banque mais reste toujours l'objet de tant de convoitise. 



   L'argent est, bel et bien, reconnu en tant que monnaie et outil d'échange. Pour autant, combien de Bara savent solliciter tant d'argents versés par la communauté international pour le développement de Madagascar ?




  Pov est un dessinateur humoristique malgache inspiré par le phénomène ARGENT dans la mondialisation...




(sources)
Photo du mois
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Mise à jour ce 19.02.2018 :






   Il y a plus de trente ans, quand j'étais encore au pensionnat, mes parents ont déposé à l'économat du collège au titre d'argent de poche. Il se trouvait que la somme est restée intacte au bout de l'années scolaire car je n'avais éprouvé aucun besoin d'acheter quoi que se soit...

  Voilà qu'en 2018 quelqu'un fait un sondage sur tweeter sur l'argent de poche...
(lire l'article)




samedi 23 décembre 2017

Besoin de formation







   L'article du 11 mai 2017 a déjà évoqué le besoin d'éducation. Pendant la période pré-coloniale la "formation professionnelle" des Bara se limitait à l'apprentissage sur le terrain du métier de bouvier.

  Peu de temps avant l'indépendance, la scolarité a permis à quelques rares Bara d'accéder à la haute magistrature. Il en est ainsi de Calvin TSIEBO qui fut vice-président d la 1° République. 

   Au XXIème siècle bien de choses ont changé. De plus en plus des jeunes de l'Ibara se retrouvent en formation professionnelle en alternance ou non.

     Pour le cas où certains d'entre eux s'orientent vers les métiers socio-éducatifs, voici une banque de données à leur disposition dans le domaine de la sexualité et de la citoyenneté. Si le cadre légal fait référence à la France, la sexualité et la citoyenneté restent des sujets planétaires (le tabou de l'inceste est universel).

   Il n'y a pas d'âge pour retourner sur les bancs de l'école et s'est exactement mon cas depuis un mois déjà et jusqu'en novembre 2018. Les articles sur ce blog seront moins étoffés qu'avant car le programme d'apprentissage est bien chargé :

  • Développement durable
  • Economie solidaire
  • Comptabilité Gestion
  • Structure territoriale
  • Education populaire
  • Statistique (enquête / synthèse...)
  • Animations de réunion et d'information...   


Photo du mois
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Mise à jour ce 14.01.2018 :


(écouter l'émission)
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Mise à jour ce 07.01.2018 :

(source)