BARA de Madagascar

Photos & Vidéos de BARA

mardi 7 février 2017

Besoin d'assurance

Sûr de quoi ? - Chapitre 3

      L'article du mois précédent nous parlait du besoin de sécurité. Si l'on s'en tient à la définition de wikipedia "une assurance est un service qui fournit une prestation lors de la survenance d'un événement incertain et aléatoire souvent appelé risque". 


      Chez les Bara, c'est le pazaka (souverain chef de clan) qui assure la cohésion de leur société.



      Jadis, ledit souverain ou chef de clan était assisté par le devin (ombiasa) pour "gérer" les imprévus par le biais des prédictions ou conseils divers afin de vivre paisiblement.


(source)
      Quand un évènement inopportun arrive alors il leurs arrivait de sacrifier un zébu pour rétablir l'ordre. L'aomby était alors en quelque sorte une ASSURANCE  chez les Bara.

     Aujourd'hui encore, le zébu reste une valeur sûre pour assurer des obsèques dignes chez les Bara. L'augmentation du vol de zébus, afin d'alimenter toute la population malgache, est un véritable fléau pour cette culture basée sur l'élevage.

       Le CNRTL nous montre combien le domaine de l'assurance touche plusieurs secteurs. 

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      Pour vivre avec assurance, il faut les caractères cités dans cette liste des synonymes du mot assurance.


(source)

Il se trouve que les Bara ne manquent pas de courage !
Ils sont audacieux et ne manquent pas de hardiesse !  

     Dans le monde occidental, l'assurance est devenue une prestation, généralement financière, individuelle ou pour une association ou une entreprise, en contrepartie d'une cotisation ou d'une prime.

     Etant donné la mainmise de la finance sur notre vie, l'assurance est devenue un véritable secteur économique regroupant les activités de conception, de production et de commercialisation de ce type de service :

  • Assurance VIE : prestation qui ne vous garantie pas de ne pas mourrir. Il rassure seulement les survivants...
  • Assurance AUTO : ne pas en souscrire une reste un délit, tout en sachant qu'en aucun cas vous ne serez jamais à l'abris d'un accident de la route !
  • Assurance CHÔMAGE : domaine réservé à l'ex ASSEDIC (qui a fusionné et  porte un nouveau nom Pôle Emploi) où l'on vous versera une certaine somme d'argents (dégressive et au prorata de vos cotisations) si vous perdez votre emploi. Donc la prestation ne vous protégera pas des licenciements ou des emplois précaires non plus d'ailleurs.
  • Assurance VIEILLESSE : une certaine somme d'euros versée aux petits vieux pour les maintenir en vie.
  • Assurance MALADIE : Si cela était efficace on aurait déjà fermé tous les hôpitaux ! Donc l'assurance maladie n'est pas une garantie de ne pas tomber malade ! 
      La sécurité sociale est l'organisme prestataire de l'assurance maladie. Dans le processus de privatisation, la société a fait le choix de réduire les prestations et de sous-traiter via les mutuelles de santé. Ces dernières sont donc des succédanées d'assurance maladie privatisée. Ne parlons même pas de la CMU que le monde médical privé ne tient pas tellement à coeur.

      Une nouvelle promesse néolibérale est la mutuelle obligatoire à tous salarié. L'adage "l'enfer est pavé de bonnes intentions" prend tout son sens ici, comme vous montre mon parcours personnel :
  • Je signe un CDI, mon employeur m'inscrit d'office à la mutuelle de son choix.
  • Je suis licencié, je ne suis plus couvert par la dite assurance.
  • Je ne suis pas éligible à la CMU.
  • Je ne peux plus souscrire une autre mutuelle (budget réduit) d'autant plus que dans mon futur emploi (j'espère trouvé un nouveau job) on me collera d'emblée une autre mutuelle !
   Cela semble exagéré de ma part mais si le lecteur s'intéresse un tant soit peu à l'actualité, il apercevra les signes du démantèlement du service public.


(source)

    Le candidat de la droite à la prochaine élection présidentielle française oeuvre dans ce sens et le nom d'un grand groupe d'assurance a été cité...


(source)

Photo du mois 

   
Assurance ARO


samedi 7 janvier 2017

Besoin de sécurité

Peur de vivre ? - Chronique Dahalo

    Puisque vous êtes en pleine lecture de cette article alors :


Félicitation d'avoir survécu à 2016 ! 

   Effectivement, c'est ainsi que l'on célèbre le premier jour de l'année en malgache :

Arahaba tratry ny taona vaovao !

   Comme nous le constatons, l'essentiel est de prendre conscience que l'on est encore en vie, avant de se focaliser sur l'année avenir. Cette attitude nous rappelle le réflexe des paysans malgaches suite au passage d'un cyclone : On vérifie que chacun est sain et sauf avant de se préoccuper des inévitables dégâts matériaux. Leurs habitations étant souvent sommaires (à l'opposition des tombeaux en dure, car demeures définitives) ils se résignent à la reconstruction, sans attendre un hypothétique décret de catastrophe naturel (quelle arrogance de l'homme de décider à la place de la nature) et encore moins, sans compter sur les assurances.

   On est en vie. On respire. 

   Vers fin de l'année 2016, le prefet de la ville où je réside, Lyon, a dû publier un arrêté municipal afin de garantir la sécurité concernant la qualité de l'air que respirent ses administrés. Quand une grande ville est contrainte à appliquer une circulation alternée des véhicules (symboles de liberté des pays occidentaux) c'est que leur santé est menacée.



(source)
       Au lendemain des ripailles de fin d'année (et des galettes des rois actuelles) d'autres meurent de fin sous d'autres latitudes. Le besoin de sécurité alimentaire est fondamental, ainsi que celui de l'eau. 


(sources : photo de gauche & photo de droite)
      Après avoir régler ces deux premières préoccupations vitales vous pouvez vous soucier de la sécurité du logement. En ces moments de grand froid, bon nombres de personnes souffrent. La fameuse trêve hivernale n'est qu'une solution d'urgence et provisoire qui est devenue définitive faute de vrai projet social en cohérence avec le fameux vivre ensemble dont on nous bassine sans cesse.

      Evoquer le logement nous renvoie à trois cas de figure :

  1. Vous faites partie de la "classe aisée" alors pas d'insécurité pour vous loger.
  2. Vous faites partie de la "classe moyenne" alors l'insécurité vous guette. Vous n'êtes pas assez riche (revenu insuffisant) pour que les agences immobilières acceptent votre dossier. Même si vous avez toujours bien payé votre loyer et bien gérer votre  petit budget familial, la société de l' "Egalité - Liberté - Fraternité" vous laisser sur le banc de touche ! Car vous n'êtes pas assez pauvre pour que votre demande de logement social (HLM) soit acceptée non plus. Notons au passage que cette couche moyenne tend à se réduire parce que les personnes vont de plus en plus rejoindre le dernier lot. 
  3. Vous faites partie de la "classe des démunis". La liste d'attente est longue, si bien que l'Etat préfère payer chèrement les hébergements dans les hôtels au lieu de mettre en place un système plus cohérent.
        Il et vrai que pendant la durée du bail, le locataire est en sécurité. Cependant si ledit bail n'est pas renouvelé, la famille se trouve en totale insécurité car le propriétaire reprend ses droits et l'ancien locataire ne pourra plus se reloger pour les raisons évoquées en (2).

   Chez les Bara, du moins fin XIX siècle, l'insécurité du logement n'existait pas. Effectivement, chacun construisait sa case en respectant la configuration du village et le système social en place.


(sources : photo de gauche & photo de droite)
      Par contre, l'insécurité du vol plane en permanence sur chaque clan et même au XXI° siècle encore ! Les troupeaux de zébus sont de véritables assurances dans la société Bara. Garantie lors des multiples rituels, mais aussi assurance en cas de famine : il est toujours de céder une vache contre quelques sacs de riz si besoin est. 

    Ainsi le vol de zébus reste un véritable fléau en milieu rural Bara et dans tout Madagascar comme le témoigne ce bilan de la gendarmerie malgache, rien que pour l'année 2016 : 

(source)

   Boris Cyrulnik nous rappelle que "quand ont vit en totale sécurité on a un psychisme totalement engourdi". Ecoutez-le bien à la séquence 1mn42 de l'émission "Moi Président en 2017" :


(écouter l'émission du 03.01.2017)
   Enfin, chaque candidat à la prochaine élection présidentielle française nous promet :

  • la sécurité d'emploi
  • la sécurité sanitaire
  • la sécurité contre le terrorisme  
mais pas la sécurité contre la bêtise humaine...

   La seule sécurité est celle qui est en vous même, mais pour y accéder il faudra passer par le travail sur soi, qui plus est, toujours douloureux, avant d'atteindre le divin en vous et ne plus avoir peur de... vivre !

"La peur est vide en son centre" 

   Je vous souhaite une année 2017, méditative ! Namaste.

Photo du mois




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Mise à jour le 11.01.2017 :
    Penser le besoin de sécurité nous oblige à penser la violence, mère de l'insécurité :

  "Dans les sociétés tribales, où l’Etat était quasi-inexistant, quand on voulait régler un problème avec un voisin, on n’avait pas trop le choix. Impossible d’aller déposer une plainte au poste de police ou d’aller régler ça au tribunal. Alors pour assouvir sa vengeance ou simplement s’auto-défendre, on allait au plus direct : on tuait".


(source)

  " Paradoxalement, plus la violence diminue, plus on est sensible aux formes résiduelles de violence... et moins on se sent en sécurité".
  " On sur-estime la probabilité des événements dont on entend le plus parler. Ça revient à penser : " si on en parle beaucoup, c'est que c’est que ça doit arriver souvent ".

  " Il peut y avoir encore plus dangereux que le terrorisme : c'est notreréaction aux attentats terroristes ".


  " Le risque d’oublier les vrais dangers - Pour résumer, il y a :
  • d’un côté, une violence en recul dont tous les électorats sur-estiment l’importance - et qui devient donc un des enjeux politiques principaux.
  • de l'autre, des sujets beaucoup plus préoccupants - mais qui sont clairement relégués au second plan".


   Libre à chacun d'être optimiste ou pessimiste...




dimanche 11 décembre 2016

Besoin de mourir

Mort du corps... et l'âme ? - Au-delà

    En 1850 Brillat-Savarin a inscrit "mourir" parmi les besoins humains. Effectivement, si nous ne mourrons jamais la planète sera déjà saturée ou complètement détruite, étant donné notre capacité de destruction. L'anthropocène désigne d'ailleurs la période actuelle où l'être humain a laissé des traces irréversibles sur l'environnement.  

    Bien que les Bara ne soient pas de grands prédateurs ni de grands pollueurs, comment conçoivent-ils la fin de vie ?

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    Toujours chez les Bara - et les malgaches pratiquants l'exhumation - la mort est un processus nécessaire et suffisant pour entrer au panthéon des ancêtres. 


(source)
   Beaucoup de Bara et de malgaches se sont convertis au christianisme, ce qui n'empêche pas la mort de frapper d'une manière nouvelle dans l'Ibara et tout Madagascar d'ailleurs. L'assassinat est devenu tristement fréquent quand l'enjeu commercial autour du commerce du zébu prend des proportions importantes.  

   Depuis le début de l'opération Mazava (lumineux) contre le vol de zébus et pour le rétablissement de l'ordre en milieu rural, 25 personnes sont déjà morts ! Sombre bilan pour une opération lumineuse. 


(source)

   Ce n'est pas parce que le verset 110 de la Sourate 18 du Coran annonce "Dis : Je ne suis qu'un être humain comme vous" que l'humanité a le même comportement face au sujet philosophique qu'est la mort.


(source)
   Chaque culture la manifeste différemment. Celle de l'Occident est plutôt une vision de la mort aseptisée où l'on prend des distances, dans la mesure du possible, même quand il s'agit de la mort d'un proche. Ceci explique peut-être aussi ce pessimisme grandissant dans le monde moderne comme l'écrit Gaston Paul Effa dans "Le dieu perdu dans l'herbe" à la page 153 :


« Vous avez peur de la mort car vous avez oublié de vivre »



Photo du mois

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Mise à jour le 08.01.2017 :

   Considérée comme un suicide par certains et d'ailleurs interdite par la législation japonaise actuelle la pratique du sokushinbutsu permettait à quelques moines bouddhistes de mourir à petit feu et de se momifier.

(lire aussi)
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Mise à jour le 22.08.2017 :


(lire l'article)
(lire l'article)

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Mise à jour le 29.10.2017 :


"Les pillages de sépultures font rage. Mercredi et jeudi, les forces de gendarmerie ont constaté deux cas. Si auparavant, les cambriolages de caveaux commis en plein Tana étaient concentrés à Ambohiman­gakely, Ambohijanaka et Itaosy, le phénomène fait tache d’huile dans l’Avara­drano à Ilafy et Ambohi­manga. Le dernier pillage constaté a été perpétré à Ambohipanja Ankadikely Ilafy. Jeudi après-midi aux alentours de 16h 30, un membre du comité de vigilance du quartier d’Ambohipanja s’est présenté à la brigade territoriale de la gendarmerie pour le signaler. En effectuant un état des lieux, les gendarmes ont noté que c’était le caveau d’une famille résidant à Ankadifotsy qui a été pris pour cible. Les
malfaiteurs ont arraché vingt-quatre os longs sur plusieurs corps.

Pas plus tard que la veille à Ambodimanga Itaosy, des personnes venues assister à un  enterrement ont constaté  qu’un tombeau des environs avait été ouvert.
Alertés aux alentours de 15 heures, les gendarmes se sont rendus sur les lieux pour faire le constat. Ils ont alors découvert que neuf corps ont été vandalisés et les malfaiteurs en ont emporté les os longs.

Fantasme

La brigade  territoriale de la gendarmerie nationale à Itaosy est saisie de l’affaire. Le cambriolage remonterait à une semaine selon les enquêteurs. Pour ce double acte  de vandalisme, commis à Itaosy et à Ankadikely Ilafy, aucun indice ne permet, jusqu’à maintenant, de remonter de fil en aiguille aux auteurs.
Très souvent, les trafiquants d’ossements humains se font prendre pendant qu’ils essayent d’écouler la marchandise prohibée. Des séries d’arrestations s’ensuivent le plus souvent lorsque les forces de l’ordre réalisent leurs coups de filets. Auteurs et démarcheurs se font arrêter. En revanche, les acheteurs sont impossibles à identifier et demeurent, à chaque fois, insaisissables, amenant
ainsi à penser que le trafic d’ossements humain n’est que le fantasme d’un business criminel aléatoire où les acheteurs promettent du vent aux auteurs pour mieux les rouler dans la farine. Vieux d’une quadruple décennie, le vol d’ossements humains se fige encore dans la nébuleuse où le mystère est entier sur la finalité."
Andry Manase
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Mise à jour le 03.09.2018 :


   Nos cellules sont programmées pour mourir. La mort cellulaire s'appelle l'apoptose.




(source : MOOC)

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Mise à jour le 12.08.2020 :
Quelle est la place de l'art dans la mort ?

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lundi 7 novembre 2016

Besoin de zébus

"Prières, bouses et potions pare-balles : La vie d'un zébu dans la tribu Bara" - Zébu

   Voici un reportage de Deb Tanni et de Thomas Page publié par CNN le 02.11.2016. 



   "Avec ses 592.000 km², Madagascar est la quatrième plus grande île dans le monde. L'Île Rouge possède un de ses écosystèmes les plus fascinants, abritant 200 000 espèces animales et végétales connues, mais aussi 20 différents groupes ethniques.

   Voici l'histoire commune d'un animal et d'un groupe ethnique : Le ZEBU et la tribu BARA, plus précisément du village de Sakamaninga.



Des bêtes sacrées :
Le zébu - une espèce de boeuf à bosse - est précieux, voire sacré et indispensable à l'économie de la tribu.

   Les Bara vivent au sud-ouest de l'île dans une région connue pour sa large variété de terrain, couvrant des formations de grès, des canyons profonds et des terres de hautes herbes. C'est à travers ces paysages reculés que la tribu guide son bétail.

   Ils ont gagné leur réputation de guerriers féroces par nécessité. Effectivement, ils doivent protéger à tout prix leur bétail ainsi que leurs axes de passage avec des lances traditionnelles mais aussi des fusils de chasse.


   Les propos de Fernando Samby : "Le Zébu peut nous sauver dans n'importe quelle circonstance" rappellent ce proverbe Bara :  

"Tsy misy raha tsy efitsin’aomby amin’ny Bara"

"Tout est réalisable grâce aux zébus chez les Bara"

   Ce jeune bouvier de 16 ans, fils du Roi de village Sakamaninga, rajoute que : "Si nous avons besoin d'argent pour la nourriture alors nous n'avons juste qu'à vendre un zébu".

   Samby alterne l'école avec la surveillance des troupeaux pastoraux qui peut occuper des jours entiers.

  "Je commence tôt le matin" dit-il. "Après le petit-déjeuner, je sors le bétail de leur enclos, ensuite, je reste dehors avec eux toute la journée, pour ne revenir qu'en fin d'après-midi".

   Samby patrouille avec un fusil de chasse pour repousser les malaso, ces voleurs de bétail. Il travaille dans les mêmes conditions difficiles que la tribu Mundari du Soudan du Sud. 

   A l'instar des Mundari, un lien rapproche l'homme et la bête. Le bétail est considéré comme un intermédiaire entre la tribu et le Dieu. Les prières pour leur bien-être sont récitées chaque matin par le Roi Samby et le parc à zébus (vala)  a une connotation spirituelle.

   "Il faut se déchausser et se découvrir avant d'entrer dans le vala" explique le fils du roi. "Même la bouse de zébu est manipulée à même les doigts parce qu'elle n'est considérée comme souillée. Après avoir bu du lait de la vache, le récipient utilisé doit être lavé et l'eau doit être jetée à l'Est, la direction sacrée".


Mariages rouges

   Le respect de la tradition est primordiale chez les Bara, particulièrement lors  du mariage. Le zébu est encore impliqué ici. Les prétendants doivent prouver leur bravoure par des "razzias de bétail". "Ce n'est plus commun dorénavant" dit l'anthropologue Clément SAMBO. "Ils voleraient seulement un ou deux zébus pour montrer la force. Le choix était de voler ou de faire face à l'emprisonnement le cas échéant".




   Les vols de bétail dans le cadre de rituel de mariage se font rares de nos jours, même le zébu constitue toujours le dot matrimonial. On donne le bétail aux parents d'une jeune mariée et seulement quand ils sont tous abattus est le couple considéré a épousé, explique le Roi Samby.*

  Étant donné le caractère sacré du bétail, les Bara font tout pour protéger leurs troupeaux, y compris le recours aux conseils clairvoyants de l'Ombiasy.

   "Il y a deux différentes sortes d'Ombiasy" dit Clement SAMBO, "Le mauvais et le bon. Les mauvais sont considérés comme des sorciers et les bons sont responsables de garder la paix dans la société et ils sont souvent des guérisseurs, des astrologues, des sages-femmes et des tradi-praticiens malgaches".

   Un Ombiasy peut utiliser une combinaison de potions pour protéger le bétail de voleurs, explique l'anthropologue. 
  • Le Too-ja-ka "pour s'étendre" en malgache permet au bétail de s'enfuir à l'approche des voleurs. 
  • Le Si-ham-ba-la-ha-fa provoque la mort du zébu dès qu'il rentre dans le parc du 
  • Le oly bala est une potion protégeant le bétail et les propriétaires des balles.


   Il arrive alors que les prétendants ne font plus de razzia sur les troupeaux de zébu. Ils se contentent juste de négocier".

   Je vous invite à consulter le site Bara pour confirmer ou corriger ( * ) le contenu de ce reportage. Dans tous les cas, CNN nous a fait un beau cadeau à travers les 3 courtes vidéos associées et qui nous donnent un bel aperçu sur la huitième édition du festival de karitaky à Ranohira.


 
        
  
  
  

   Vous trouverez à cette page les 3 liens vers les 3 vidéos : 

(accès à la page vidéo)



Photo du mois



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Mise à jour le 30.01.2017 :

Aomby... son altesse le zébu en difficulté...


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En tournage : 
« Dabokandro »

Un film documentaire sur le thème du zébu, son importance et son omniprésence dans la vie et la culture malgache
(finition et master : automne 2015)

Depuis l'année 2010, un phénomène d'une ampleur inédite défraie la chronique à Madagascar. Les vols de zébus sont de plus en plus nombreux et de plus en plus violents. On parle de centaines de malfaiteurs armés, de milliers de tête de zébus envolées, de villageois blessés ou tués, d'un trafic organisé à grande échelle et qui rapporterait des millions d'euros. Des opérations musclées de maintien de l'ordre sont lancées de la capitale, Antananarivo, qui se soldent par des morts dans les deux camps. Les dahalo (bandits) disparaissent comme par magie et réapparaissent comme par miracle. Dans cette confusion pathétique, le chef présumé des dahalo, un certain Remenabila, demeure insaisissable.
SOLO, jeune malgache du pays des antandroy - ethnie du sud de Madagascar, éleveurs de zébus -, profondément touché par ce fléau au sein même de sa famille, est bien décidé à débusquer les coupables. Avec la complicité de ses proches et de son réseau de connaissances, il remonte la filière. Au long d'un parcours miné de risques, SOLO et son groupe, aguerri au danger, arpentent le pays, accumulent les informations et les appuis. Alors que l'étau se resserre sur le noyau dur des dahalo, SOLO doit déchanter. Les pseudo-repentis ont monté un pernicieux pataquès et ont mené SOLO à un point de non retour...

Sans zébu, pas de salut ! "


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   Ecouter le cinéaste à partir de 20mn22.
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Mise à jour le 23.05.2017 :


La fourniture de la capitale en viande de zébu sérieusement menacée

   "Les opérateurs issus des 18 tribus » et évoluant dans l’élevage, le convoyage/transport et le négoce du zébu confirment ; ils vont cesser leurs activités à partir du 25 mai prochain. Le marché de viande de zébu de la capitale en sera la principale victime. Ces opérateurs rejoignent ainsi les positions des membres de la coopérative MadaOmby qui attendent d’autres mesures plus concrètes de la part de la Gendarmerie nationale (voir : Les fournisseurs de zébus se rebellent contre le racket des gendarmes), telle l’identification des postes de contrôle, le tracé d’itinéraires sécurisés et la transparence des taxes et autres frais.

   En tout cas, Hajanirina Ramaherijaona député de Madagascar élu à Tisroanomandidy confirme lui aussi que les frais occasionnés par la transaction d’un zébu sont exorbitants car ils avoisinent les 150 000 Ariary, l’équivalent ou presque du prix d’un zébu à son point de départ. En sus les prix de la Fiche individuelle de bovidé (FIB) qui varient en fonction des décisions de la Région.

   A noter que la coopérative MadaOmby rassemble une centaine d’opérateurs à laquelle s’ajoutent les membres de l’association des opérateurs en zébus des 18 tribus. Le ravitaillement en zébus de la capitale ne peut qu’en être affecté sérieusement. Tahiry Sambiavy, président de la coopérative MadaOmby déclare que ses membres fournissent 85% des besoins de la capitale en zébu.


La Région Bongolava et la Préfecture démentent

   Devant cette menace de non approvisionnement du marché de la capitale en viande, Njakalalaina Raherimiandrisoa, Préfet de Tsiroanomandidy et Angelo Herinirina Rakotonirina, Chef de Région démentent ; « il ne peut y avoir de fermeture du marché de zébus de Tsiroanomandidy. La décision de fermeture ou d’ouverture du marché de zébu de Tsiroanomandidy ne dépend pas des coopératives ou des associations mais relève des décisions de l’Administration, de la Région ou de la Préfecture ».

    Cependant ces autorités appellent les acteurs dans le zébu au dialogue. Elles savent très bien et estiment en effet que si les opérateurs n’achètent pas les zébus dans les petits marchés des régions Sud-ouest, Melaky, Bongolava ou Ihorombe et n’acheminent pas le zébu vers les grands marchés (Ambalavao, Mahitsy, Tsiroanomandidy…), les transactions au marché de Tsiroanomandidy seront très réduites sinon inexistantes et la fourniture de zébu pour le marché de la capitale de même.

   Afin de résoudre ce problème, l’ancien Premier ministre, Monja Roindefo propose sa médiation auprès de la Gendarmerie nationale, auprès des autorités des Régions (Bongolava, Ihorombe et Melaky) et des associations de négociants en zébu".
Bill
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Mise à jour le 31.05.2017 :

Madagascar: fin du bras de fer entre éleveurs de zébus et autorités

   "A Madagascar, les éleveurs de zébus remportent leur bras de fer avec les autorités. Depuis une dizaine de jours, ils avaient bloqué l'approvisionnement de la capitale en viande de zébu. Ce mouvement avait été créé pour protester contre les vols et les rackets dont ils étaient victimes. A Antananarivo, la capitale, les stocks de viande ont alors diminué et les prix se sont envolés. Désormais, le prix des bovins sera plus transparent et davantage encadré.

   Les acteurs de la filière de la région du Bongolava, qui abrite le marché aux zébus de Tsiroanomandidy, dans le centre de Madagascar, avaient cessé de fournir la viande vers la capitale. Or, chaque semaine, ce sont des milliers de zébus qui transitent sur ce marché, l'un des plus importants du pays, avant de prendre la route vers Antananarivo.

   Au terme de deux jours de négociations, les éleveurs ont obtenu gain de cause, vendredi 26 mai.

   Eleveurs et autorités du Bongolava sont ainsi parvenus à trouver une issue favorable au mouvement de contestation. La principale victoire de la coopérative Mada Omby, qui regroupe les acteurs de la filière zébus, fut la mise en place d'un guichet unique pour la perception des taxes sur le marché bovin de Tsiroanamandiby. Une mesure qui vise à plus de transparence.

   Les éleveurs dénonçaient en effet les rackets de certains gendarmes. Ils disposeront désormais d'informations claires sur les montants à payer.

   Par ailleurs, un arrêté régional fixe désormais le prix de la fiche individuelle de bovidé à 12 000 ariary (environ 3 euros). Le document mentionne l'origine et le propriétaire du zébu. Indispensable pour empêcher la vente des bêtes volées dans le circuit légal.

   Reste que la coopérative demande toujours la présence permanente de militaires dans certaines zones, connues pour être fréquentées par les dahalos, les voleurs de bovins. Cependant, la fourniture en viande de zébu vers la capitale va reprendre « petit à petit », indiquent les éleveurs.

   Une nouvelle qui satisfait les consommateurs. Car même si la situation n'était pas au point de la pénurie de viande de zébu, cette suspension de l'approvisionnement a eu des conséquences pour le porte-monnaie des Tananariviens. Le prix a flambé sur les étals des bouchers, passant à 11 000 ariary le kilogramme contre 7 000 ariary habituellement."

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Mise à jour le 07.09.2017 :


2° festival des zébus à Ihorombe
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Mise à jour le 08.12.2017 :






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Mise à jour le 09.01.2018 :
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Mise à jour le 09.06.2018 :


(lire l'article)


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Mise à jour le 07.07.2018 :


On a beau être sur un sanctuaire catholique, sa majesté "zébu" trône à coté de la Vierge de l'îlot de la... Vierge du lac Itasy : 


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Mise à jour le 17.07.2018 :

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   "(Agence Ecofin) - La Société Financière Internationale (SFI) accordera un prêt de 7 millions $ ainsi qu’une assistance technique à la société Bonne Viande de Madagascar (Bovima) pour la construction d’un parc d’engraissement de troupeaux de zébus ainsi qu’un abattoir moderne.

Bovima qui appartient au groupe industriel malgache SMTP utilisera ses ressources financières pour produire de la viande de zébu qui sera ensuite exportée vers les marchés d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis. La firme prévoit acheter des bêtes ainsi que des aliments (entre 90 000 tonnes et 120 000 tonnes par an) pour la nutrition de ces animaux.  

En plus du financement de la SFI, la Banque mondiale apportera 53 millions $ pour moderniser les laboratoires ainsi que les infrastructures, ceci dans le but de permettre à Bovima d’émettre des certificats vétérinaires nécessaires pour ses activités d’exportation de viandes.  

Le manque d’investissements dans l’industrie bovine, plus particulièrement dans la production de zébus à Madagascar, a été à l’origine de la régression des troupeaux qui sont passés de 23 millions de têtes de zébus durant les années 1980 à 6 millions de têtes en 2018." Chamberline Moko 

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Mise à jour le 28.03.2019 :
(lire l'article)
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Mise à jour le 30.06.2019 :

Le Barea (zébu) est un grand bovidé possédant un corps massif et de majestueuses longues cornes. À Madagascar, le Barea représente le pouvoir, la force, la richesse et la virilité. Présent lors des grands événements de la vie, de joie comme de peine, cet animal occupe une place si importante qu’il est le reflet de l’identité de Madagascar. Le Barea est aussi un animal sacré, car il est de tous les rites ancestraux.


(source)
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Mise à jour le 14.12.2019 :

   Ce document d'Arte nous montre la valeur des zébus à Madagascar et dans le monde.

(Arte 2019 : Le zébu, compagnon sacré de Madagascar)

  Le zébu était déjà prisé en Europe il y a fort longtemps comme nous le montre ces gravures :





   Les zébus permettaient aussi de sceller le destin des bébés nés sous mauvais augure. S'il le noiurrisson ne se faisait pas piétiné à l'entrée ou la sortie de l'enclos à zébus c'est que l'enfant était digne de vivre !


    Aujourd'hui, les téléphones portables sont devenus un outil indispensable pour  les  mpiarakandro ou "accompagnateur du jour" autrement dit les bouviers.

   Il permet de signaler tout danger imminent lorsque les mlaso ou voleurs de bétails approchent.