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lundi 7 novembre 2016

Besoin de zébus

"Prières, bouses et potions pare-balles : La vie d'un zébu dans la tribu Bara"Zébu

   Voici un reportage de Deb Tanni et de Thomas Page publié par CNN le 02.11.2016. 



   "Avec ses 592.000 km², Madagascar est la quatrième plus grande île dans le monde. L'Île Rouge possède un de ses écosystèmes les plus fascinants, abritant 200 000 espèces animales et végétales connues, mais aussi 20 différents groupes ethniques.

   Voici l'histoire commune d'un animal et d'un groupe ethnique : Le ZEBU et la tribu BARA, plus précisément du village de Sakamaninga.



Des bêtes sacrées :
Le zébu - une espèce de boeuf à bosse - est précieux, voire sacré et indispensable à l'économie de la tribu.

   Les Bara vivent au sud-ouest de l'île dans une région connue pour sa large variété de terrain, couvrant des formations de grès, des canyons profonds et des terres de hautes herbes. C'est à travers ces paysages reculés que la tribu guide son bétail.

   Ils ont gagné leur réputation de guerriers féroces par nécessité. Effectivement, ils doivent protéger à tout prix leur bétail ainsi que leurs axes de passage avec des lances traditionnelles mais aussi des fusils de chasse.


   Les propos de Fernando Samby : "Le Zébu peut nous sauver dans n'importe quelle circonstance" rappellent ce proverbe Bara :  

"Tsy misy raha tsy efitsin’aomby amin’ny Bara"

"Tout est réalisable grâce aux zébus chez les Bara"

   Ce jeune bouvier de 16 ans, fils du Roi de village Sakamaninga, rajoute que : "Si nous avons besoin d'argent pour la nourriture alors nous n'avons juste qu'à vendre un zébu".

   Samby alterne l'école avec la surveillance des troupeaux pastoraux qui peut occuper des jours entiers.

  "Je commence tôt le matin" dit-il. "Après le petit-déjeuner, je sors le bétail de leur enclos, ensuite, je reste dehors avec eux toute la journée, pour ne revenir qu'en fin d'après-midi".

   Samby patrouille avec un fusil de chasse pour repousser les malaso, ces voleurs de bétail. Il travaille dans les mêmes conditions difficiles que la tribu Mundari du Soudan du Sud. 

   A l'instar des Mundari, un lien rapproche l'homme et la bête. Le bétail est considéré comme un intermédiaire entre la tribu et le Dieu. Les prières pour leur bien-être sont récitées chaque matin par le Roi Samby et le parc à zébus (vala)  a une connotation spirituelle.

   "Il faut se déchausser et se découvrir avant d'entrer dans le vala" explique le fils du roi. "Même la bouse de zébu est manipulée à même les doigts parce qu'elle n'est considérée comme souillée. Après avoir bu du lait de la vache, le récipient utilisé doit être lavé et l'eau doit être jetée à l'Est, la direction sacrée".


Mariages rouges

   Le respect de la tradition est primordiale chez les Bara, particulièrement lors  du mariage. Le zébu est encore impliqué ici. Les prétendants doivent prouver leur bravoure par des "razzias de bétail". "Ce n'est plus commun dorénavant" dit l'anthropologue Clément SAMBO. "Ils voleraient seulement un ou deux zébus pour montrer la force. Le choix était de voler ou de faire face à l'emprisonnement le cas échéant".




   Les vols de bétail dans le cadre de rituel de mariage se font rares de nos jours, même le zébu constitue toujours le dot matrimonial. On donne le bétail aux parents d'une jeune mariée et seulement quand ils sont tous abattus est le couple considéré a épousé, explique le Roi Samby.*

  Étant donné le caractère sacré du bétail, les Bara font tout pour protéger leurs troupeaux, y compris le recours aux conseils clairvoyants de l'Ombiasy.

   "Il y a deux différentes sortes d'Ombiasy" dit Clement SAMBO, "Le mauvais et le bon. Les mauvais sont considérés comme des sorciers et les bons sont responsables de garder la paix dans la société et ils sont souvent des guérisseurs, des astrologues, des sages-femmes et des tradi-praticiens malgaches".

   Un Ombiasy peut utiliser une combinaison de potions pour protéger le bétail de voleurs, explique l'anthropologue
  • Le Too-ja-ka "pour s'étendre" en malgache permet au bétail de s'enfuir à l'approche des voleurs. 
  • Le Si-ham-ba-la-ha-fa provoque la mort du zébu dès qu'il rentre dans le parc du 
  • Le oly bala est une potion protégeant le bétail et les propriétaires des balles.


   Il arrive alors que les prétendants ne font plus de razzia sur les troupeaux de zébu. Ils se contentent juste de négocier".

   Je vous invite à consulter le site Bara pour confirmer ou corriger ( * ) le contenu de ce reportage. Dans tous les cas, CNN nous a fait un beau cadeau à travers les 3 courtes vidéos associées et qui nous donnent un bel aperçu sur la huitième édition du festival de karitaky à Ranohira.


 
        
  
  
  

   Vous trouverez à cette page les 3 liens vers les 3 vidéos : 

(accès à la page vidéo)



Photo du mois



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Mise à jour le 30.01.2017 :

Aomby... son altesse le zébu en difficulté...


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En tournage : 
« Dabokandro »

Un film documentaire sur le thème du zébu, son importance et son omniprésence dans la vie et la culture malgache
(finition et master : automne 2015)

Depuis l'année 2010, un phénomène d'une ampleur inédite défraie la chronique à Madagascar. Les vols de zébus sont de plus en plus nombreux et de plus en plus violents. On parle de centaines de malfaiteurs armés, de milliers de tête de zébus envolées, de villageois blessés ou tués, d'un trafic organisé à grande échelle et qui rapporterait des millions d'euros. Des opérations musclées de maintien de l'ordre sont lancées de la capitale, Antananarivo, qui se soldent par des morts dans les deux camps. Les dahalo (bandits) disparaissent comme par magie et réapparaissent comme par miracle. Dans cette confusion pathétique, le chef présumé des dahalo, un certain Remenabila, demeure insaisissable.
SOLO, jeune malgache du pays des antandroy - ethnie du sud de Madagascar, éleveurs de zébus -, profondément touché par ce fléau au sein même de sa famille, est bien décidé à débusquer les coupables. Avec la complicité de ses proches et de son réseau de connaissances, il remonte la filière. Au long d'un parcours miné de risques, SOLO et son groupe, aguerri au danger, arpentent le pays, accumulent les informations et les appuis. Alors que l'étau se resserre sur le noyau dur des dahalo, SOLO doit déchanter. Les pseudo-repentis ont monté un pernicieux pataquès et ont mené SOLO à un point de non retour...

Sans zébu, pas de salut ! "


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   Ecouter le cinéaste à partir de 20mn22.
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Mise à jour le 23.05.2017 :


La fourniture de la capitale en viande de zébu sérieusement menacée

   "Les opérateurs issus des 18 tribus » et évoluant dans l’élevage, le convoyage/transport et le négoce du zébu confirment ; ils vont cesser leurs activités à partir du 25 mai prochain. Le marché de viande de zébu de la capitale en sera la principale victime. Ces opérateurs rejoignent ainsi les positions des membres de la coopérative MadaOmby qui attendent d’autres mesures plus concrètes de la part de la Gendarmerie nationale (voir : Les fournisseurs de zébus se rebellent contre le racket des gendarmes), telle l’identification des postes de contrôle, le tracé d’itinéraires sécurisés et la transparence des taxes et autres frais.

   En tout cas, Hajanirina Ramaherijaona député de Madagascar élu à Tisroanomandidy confirme lui aussi que les frais occasionnés par la transaction d’un zébu sont exorbitants car ils avoisinent les 150 000 Ariary, l’équivalent ou presque du prix d’un zébu à son point de départ. En sus les prix de la Fiche individuelle de bovidé (FIB) qui varient en fonction des décisions de la Région.

   A noter que la coopérative MadaOmby rassemble une centaine d’opérateurs à laquelle s’ajoutent les membres de l’association des opérateurs en zébus des 18 tribus. Le ravitaillement en zébus de la capitale ne peut qu’en être affecté sérieusement. Tahiry Sambiavy, président de la coopérative MadaOmby déclare que ses membres fournissent 85% des besoins de la capitale en zébu.


La Région Bongolava et la Préfecture démentent

   Devant cette menace de non approvisionnement du marché de la capitale en viande, Njakalalaina Raherimiandrisoa, Préfet de Tsiroanomandidy et Angelo Herinirina Rakotonirina, Chef de Région démentent ; « il ne peut y avoir de fermeture du marché de zébus de Tsiroanomandidy. La décision de fermeture ou d’ouverture du marché de zébu de Tsiroanomandidy ne dépend pas des coopératives ou des associations mais relève des décisions de l’Administration, de la Région ou de la Préfecture ».

    Cependant ces autorités appellent les acteurs dans le zébu au dialogue. Elles savent très bien et estiment en effet que si les opérateurs n’achètent pas les zébus dans les petits marchés des régions Sud-ouest, Melaky, Bongolava ou Ihorombe et n’acheminent pas le zébu vers les grands marchés (Ambalavao, Mahitsy, Tsiroanomandidy…), les transactions au marché de Tsiroanomandidy seront très réduites sinon inexistantes et la fourniture de zébu pour le marché de la capitale de même.

   Afin de résoudre ce problème, l’ancien Premier ministre, Monja Roindefo propose sa médiation auprès de la Gendarmerie nationale, auprès des autorités des Régions (Bongolava, Ihorombe et Melaky) et des associations de négociants en zébu".
Bill
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Mise à jour le 31.05.2017 :

Madagascar: fin du bras de fer entre éleveurs de zébus et autorités

   "A Madagascar, les éleveurs de zébus remportent leur bras de fer avec les autorités. Depuis une dizaine de jours, ils avaient bloqué l'approvisionnement de la capitale en viande de zébu. Ce mouvement avait été créé pour protester contre les vols et les rackets dont ils étaient victimes. A Antananarivo, la capitale, les stocks de viande ont alors diminué et les prix se sont envolés. Désormais, le prix des bovins sera plus transparent et davantage encadré.

   Les acteurs de la filière de la région du Bongolava, qui abrite le marché aux zébus de Tsiroanomandidy, dans le centre de Madagascar, avaient cessé de fournir la viande vers la capitale. Or, chaque semaine, ce sont des milliers de zébus qui transitent sur ce marché, l'un des plus importants du pays, avant de prendre la route vers Antananarivo.

   Au terme de deux jours de négociations, les éleveurs ont obtenu gain de cause, vendredi 26 mai.

   Eleveurs et autorités du Bongolava sont ainsi parvenus à trouver une issue favorable au mouvement de contestation. La principale victoire de la coopérative Mada Omby, qui regroupe les acteurs de la filière zébus, fut la mise en place d'un guichet unique pour la perception des taxes sur le marché bovin de Tsiroanamandiby. Une mesure qui vise à plus de transparence.

   Les éleveurs dénonçaient en effet les rackets de certains gendarmes. Ils disposeront désormais d'informations claires sur les montants à payer.

   Par ailleurs, un arrêté régional fixe désormais le prix de la fiche individuelle de bovidé à 12 000 ariary (environ 3 euros). Le document mentionne l'origine et le propriétaire du zébu. Indispensable pour empêcher la vente des bêtes volées dans le circuit légal.

   Reste que la coopérative demande toujours la présence permanente de militaires dans certaines zones, connues pour être fréquentées par les dahalos, les voleurs de bovins. Cependant, la fourniture en viande de zébu vers la capitale va reprendre « petit à petit », indiquent les éleveurs.

   Une nouvelle qui satisfait les consommateurs. Car même si la situation n'était pas au point de la pénurie de viande de zébu, cette suspension de l'approvisionnement a eu des conséquences pour le porte-monnaie des Tananariviens. Le prix a flambé sur les étals des bouchers, passant à 11 000 ariary le kilogramme contre 7 000 ariary habituellement."

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Mise à jour le 07.09.2017 :


2° festival des zébus à Ihorombe
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Mise à jour le 08.12.2017 :




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