Tout sujet permettant une meilleure compréhension de leur culture y sera traité (clés du site) car les BARA n'échappent pas non plus à la Mondialisation _________________________________________________________________________________________________________________________________A chaque titre d'article de ce blog correspond une page d'un des sites (principal ou annexes) et vice versa.
Le mois précédent nous avons découvert le besoin de reconnaissance de tout un chacun. Ce besoin se manifeste par rapport au regard de l'autre donc au sein d'un groupe d'individus. Les Bara n'échappent pas à cette règle et même de nos jours ils revendiquent tous d'être descendants de Zafimanely. Mais il fut un temps les groupes Bara étaient mieux définis comme nous le rappelle la Petite encyclopédie du Grand Sud de Madagascar de Jean-Michel Lebigre :
L'exclusion des clans, définie dans le livre "La cohésion des sociétés Bara" de Jacques Faublée, signifiait une mort symbolique mais encore un risque de non-survie dans les conditions difficiles de l'époque.
Aujourd'hui, les sociétés Bara ont évolué jusqu'à ne plus devenir qu'une des 18 tribus malgaches. Néanmoins, la population de l'Ibara revendique son appartenance à cette région de l'Ihorombe même s'ils ont essaimé à travers la Grande Île et dans le monde entier. Preuve en est l'existence de l'Association des Natifs de l'Ibara ou FITIBA.
Dés que l'on parle de la tribu des Bara, tout de suite, l'idée de voleur de zébus surgit à la tête des communs des mortels, surtout en ces moments de douloureuses actualités dans l'Ihorombe ou ex-Ibara. Effectivement, si de nos jours cela est devenu une activité purement lucrative, jadis, le vol de zébu était tout simplement d'un rituel bien encadré dans un processus de construction social basé sur le besoin de reconnaissance d'un candidat au mariage.
s'accaparé d'une quantité trop importante de bêtes
...
Hélas, ce n'est guère plus le cas de nos jours.
Pour rester dans le sud-ouest malgache, on peut se poser la question si c'est par besoin de reconnaissance que le professeur d'anglais René Fulgence, Bara originaire d'Ilakaka, a écrit, réalisé et produit une trilogie sur les voleurs de zébus. Les deux premiers volets sont déjà disponibles sur le marché en DVD.
Ceci nous fait penser que les français aussi écrivent par besoin de reconnaissance comme nous l'explique Vincent Monadé sur France culture.
La plupart des personnes ressentent le besoin de reconnaissance comme nous le montre la réactivité des moteurs de recherche à ce sujet sur internet.
Bien que faisant partie des besoins secondaires, le besoin de reconnaissance a été le sujet d'étude de Yolande François de l'Université Lyon 3.
Pareillement, le manque de considération peut porter préjudice à l'édifice d'un meilleur estime de soi, jusqu'à semer le trouble au sein d'une entreprise.
C'est pour cela que même le Lean Management, qui est une stratégie de long terme, prend en compte ce volet non négligeable dans l'organisation socio-professionnelle.
Enfin, au sujet de l'impact du manque de reconnaissance et la mise à l'écart d'une partie des citoyens sur la radicalisation des terroristes, le débat entre les sociologues et le pouvoir exécutif est clos puisque le gouvernement a mis en place un site pour prévenir les français des risques d'embrigadement.
Tout cela aurait pu être éviter si la prévention par le biais de l'éducation était une priorité. Nous sommes encore loin de comprendre que la méditation reste une voie vers le bien-être, donc elle peut limiter l'agressivité. Deepak Chopra l'a expliqué clairement :
Des offensives initiées par la gendarmerie avec l’appui d’une armée de villageois ont contraint une centaine de dahalo retranchés à la reddition.
"Des villages des fins fonds de la brousse de Betroka libérés de l’emprise des dahalo. Dimanche et lundi, une centaine d’hommes, dont la plupart étaient tristement connus par les personnes de leur entourage comme étant des voleurs de bétail et des bandits de grand-chemin sont sortis de leur fief, enfoui dans les montagnes profondes de l’Andriry-Sud. Cette reddition s’est opérée dans la commune rurale de Bekorobo au terme d’une double opération militaro-civile menée à l’initiative des groupements de la gendarmerie nationale des régions de l’Anosy et de l’Androy. Après une victoire arrachée au forceps par le lieutenant-colonel Théodule Ranaivoarison ainsi que le capitaine Harena Rakotomalala, commandant de la compagnie de la gendarmerie de Betroka et leurs hommes, lors d’un affrontement soldé par la mort d’une quinzaine d’individus armés les 18 et 19 mai dans les dédales de montagnes de Berotsy, un repaire de dahalo autrefois réputé comme étant un abattoir à gendarmes, les forces de l’ordre ont verrouillé leur avantage en revenant à la charge. Du 2 au 5 juin, quatre-vingt éléments, dont des gendarmes de l’Unité spéciale anti-dahalo (USAD) et des militaires appuyés par près de huit cents villageois équipés d’armes blanches et de fusils de chasse, sont revenus à la charge, pour marcher à Mahilivoro, Nanarena, Itroho et Ambinda faisant office de plaque tournante, ces quatre localités sont bien connues des gendarmes comme étant des lieux de blanchiment et de partage des bœufs volés mais aussi de repli, de constitution et de reconstitution des hordes de dahalo les plus redoutables. En 2012, le capitaine Jonah Tsiresindahy y a été tué aux côtés de trois de ses gendarmes ainsi qu’un officier de l’armée malgache. Pas plus tard qu’au mois de janvier de l’an passé, un gendarme de Bekorobo y était également tombé sous les balles des dahalo. Des villages déserts attendaient néanmoins le fokonolona et le peloton armé lors de la deuxième opération de début juin. Aucune résistance n’a été rencontrée pendant cette conquête qui a eu pour effet de déclencher six jours plus tard la reddition de la centaine d’individus terrés dans la chaîne de l’Andriry.
Système ingrat
Dimanche, les caïds des montagnes d’Ambinda leur ont emboîté le pas en se rendant à la société et aux autorités. Des zébus offerts par leurs villages ont été tués afin d’en partager la viande pour ficeler le pacte de reddition. « Les villageois qui ont participé aux opérations ont combattu vaillamment, sans contre partie. Nous leurs avons décerné des lettres de reconnaissance pour manifester notre gratitude », confie le colonel Théodule Ranaivoarison. Si d’une part, ce geste de la gendarmerie avait de quoi remonter le moral des civils qui lui ont prêté main forte, l’octroi de lettres de félicitation aux éléments des forces de l’ordre qui ont bravé la mort sur le champ de bataille depuis la reddition de quatre mille dahalo à Amboasary-Sud en 2014 se font attendre depuis maintenant plus de trois ans".
Le besoin d'hygiène du mois précédent induit un autre besoin : celui de l'éducation.
Jadis chez les Bara la meilleure des éducations était dispensée par les apelabatotse. Riches de leurs expériences, ces grand-mères enseignaient à leurs petit-enfants le savoir-vivre au sein des sociétés Bara.
Depuis la colonisation, des écoles chrétiennes ont fait leur apparition. Dans la région limitrophe du pays Bara, la communauté fifohazana s'est investie dans l'enseignement. La formation à l'hygiène et à la médecine était aussi dispensée dans la capitale malgache par les norvégiens en premier lieux, puis par les français depuis l'annexion.
Et comme l'Etat laisse à l'abandon les élèves et les instituteurs, de nombreux établissements privés prolifèrent et de toute obédience. Dernièrement, le gouvernement menace de fermer quelques une d'entre elles pour des raisons diverses :
Même dans la capitale des écoles post-bac font fortune en promettant des diplômes aux étudiants, tout en sachant que comme en France, obtenir un master ou un doctorat n'est guère un gage d'embauche ! Mais revenons à l'éducation de base. Voici une petite école mise en place par une association dans le village de Mangarivotra dépendant du fokontany d'Atalata Vaovao dans la région de l'Itasy.
De manière plus ambitieuse, Matthieu Ricard a créée des écoles en bambous au Népal.
En plus de l'architecture, la pédagogie est aussi innovatrice dans ces institutions parrainées par le moine bouddhiste : ce sont les élèves qui évaluent et choisissent leurs enseignants !
"Parmi les dix femmes qui meurent chaque jour à Madagascar pendant l'accouchement, trois sont des adolescentes. Dans le pays, l'interruption volontaire de grossesse est interdite tout comme la prescription de pilule contraceptive aux adolescentes." Déjà, il aurait fallu l'appeler "éducation à la sexualité"... C'est l'objet de mon projet actuellement dans le cadre de ma formation pour le Diplôme d'Etat Jeunesse Education Populaire Sport (DEJEPS).
L'article du mois précédent parlait de notre alimentation. S'il n'est plus à démontrer que notre bonne santé dépend de notre régime alimentaire, il nous reste alors la gestion problématique des déchets que nous générons. Effectivement Gandhi disait que "L'assainissement est plus important que l'indépendance" !
En juillet 2015 nous avons déjà évoqué ici l'usage plus que précaire des latrines dans le sud malgache pour cause de tabou. En terme d'hygiène, notons aussi la qualité déplorable de la dentition des peuples du haut plateau malgache, faute d'hygiène dentaire digne de ce nom associée à une consommation de sucrerie plus prononcée par rapport aux habitants du littoral.
Les Bara échappent à cette règle de part leur régime alimentaire moins riche, ce qui leur permet de garder très longtemps des dents saines et magnifiques !
La gestion des menstruations demeure un véritable calvaire pour beaucoup de malgaches en terme d'hygiène féminine car l'accès aux serviettes hygiéniques est tout simplement prohibitif !
Heureusement les programmes éducatifs sont de plus en plus nombreux et renforcent toutes les actions préventives en terme de santé publique... tout en tenant compte des dérives dans le passé au sujet du "besoin impératif" sinon "impérial" d'hygiène...
Il se trouve que même dans un pays comme la Corée du Sud, envié pour sa croissance et son PIB, les problèmes liés à l'hygiène féminine restent au même stade que ceux d'un pays "pauvre" comme Madagascar. Faute de disposer d'un pouvoir d'achat conséquent, certaines coréennes sont obligées d'utiliser des semelles intérieures (semellettes) de chaussures comme protection intime lors de leur menstruation !